La vue caresse la surface, les yeux
palpent et soupèsent les objets, le regard pénètre les creux
et les cavités ; le visible touche. Comme un doigt, l'image traverse le corps
et frôle la pellicule interne, résonne et prend son sens perçu
de l'intérieur. La peau est ce qu'il y a de plus profond en nous déclare
Valery, car malgré son apparence, elle est réversible et couvre un
monde de sensations invisibles et d'idées enfouies dans l'imagination.
Sculptures creuses et petites profondeurs est une installation poétique
qui dévoile des formes et autres curiosités inspirées d'une
variété de profondeurs possibles, celle du rêve, du secret, du
monde vivant et de l'organisme. Placées sur des tables lumineuses, les pièces
révèlent leur intimité selon l'opacité de la matière,
témoignent du passage d'un contenu, qui laisse sa trace, par l'enveloppe,
le nid, la coquille vide. Le spectateur fouille des yeux les petits espaces, les
scrute et les devine mais peut également faire l'expérience en pénétrant
les structures conçus pour son corps seul, qui l'abrite ou prend forme sous
la pression délicate du bras qui écarte les membranes flexibles pour
se frayer un chemin dans la composition de tissu. Du dessin à l'installation,
les cires, latex, textiles et croquis exhibent leurs mailles, coulisses et hachures
fondement de leur structure du processus de l'édification. L'exposition suggère
un voyage entre l'intérieur et l'extérieur, le minuscule et le très
grand, le visible et l'invisible.
La démarche s'inspire du sensible, du monde vivant, notamment celui de la
nature, du corps humain et de la perception de celui-ci, par lui-même, par
autrui et dans son environnement. Elle porte une attention particulière aux
ambiances et à ce qui caractérise l'immatériel; les ombres,
les reflets, l'air, l'espace, la transparence et les émotions véhiculées
par les sensations. L'installation offre au spectateur la possibilité de pénétrer
dans l'œuvre, de l'explorer et de s'abandonner aux plaisirs de la sensation. Le travail
cherche à démontrer la multitude d'interprétation et de perception
d'une réalité corporelle dans un espace.
Bachelière en Fines Arts de l'Université Bishop's de Lennoxville, Catherine
Longpré vit et travail en Estrie. Elle se consacre présentement
à un mémoire de maîtrise en Arts Visuels de l'Université
du Québec à Chicoutimi. L'artiste a réalisé et collaboré
à plusieurs expositions individuelles et collectives au Québec.. |