| Devant un besoin criant de lieux
alternatifs de diffusion et à la demande d’artistes émergents, Le
Lobe a développé le projet PLATE-FORME. Ce nouvel espace, situé
dans le hall de l’entrée principale des Ateliers TouTTouT, comporte un espace
intérieur et une marquise extérieure, séparés par une
grande baie vitrée. Cette initiative contribue également à assurer
une diffusion constante d’œuvres. En effet, la nature du travail de résidence
ne permet pas aux visiteurs d’apprécier des œuvres achevées lors de
visites impromptues en dehors de l’exposition; la PLATE-FORME pallie ce déficit
et encourage fortement le développement de partenariats et le soutien aux
artistes émergents. |
« Cher Ver de terre,
J’ai lu Sartre, j’ai regardé toutes les images dans mes livres les plus
épais et je n’arrivepas encore à expliquer ton inexistence dans ma
conception du monde des vivants. En fait, tu n’es presque rien, sauf peut-être
une disparition ou un repli cutané qui oscille entre mon regard et l’invisible.
L’hygiène de tes déplacements me gêne, tu marches sur une langue
et ça m’écoeure.
Tu passes ton temps à meubler la terre de ton inexistence tout entière,
te déroulant continuellement dans une épaisseur de 30 cm de noirceur.
La terre tourne autour de toi, et en toi, tu digères ta vie. Biologiquement,
tu n’es qu’une poche désespérée, un sac de terre, un matériau
à plate-bande. Mécaniquement, tu n’es que compressibilité et
élasticité. Sans articulation, tu te meus d’accroupissements en nous
imposant ta lenteur fatigante.
À bien y penser, tu n’es peut-être que Lui, le petit être visqueux
et je suis sans doute Toi, autrement vivante. Mais je crois que Tu n’existes pas.
Tu n’existes même pas autrement que devant moi qui t’enfouis du regard dans
cette terre. Ma mère m’avait dit de ne pas jouer avec la nourriture. La terre
peut bien te manger, aujourd’hui je ferai un pique-nique sans toi. » (Extraits
libres de Un jour j’ai rencontré un ver, S.B., 2009)
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| En s’accaparant, sur invitation,
la PLATE-FORME du Lobe comme son espace plate-bande, Sonia BOUDREAU tente un regard
anecdotique sur un projet de recherche-création en cours explorant la mécanique
des vers et des larves. Avec cette installation qui évoluera tout l’été,
elle poursuit ses explorations de la matière vivante comme matériau.
Artiste-chercheure en marge du courant bio art, son travail est marqué d’un
intérêt pour les sciences naturelles et la poésie. Se mettant
parfois dans la peau d’une botaniste, d’une zoologiste ou d’une biologiste, elle
se penche méticuleusement sur les détails pour étudier le phénomène
de la sensibilité tant au niveau métaphysique que métaphorique.
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Sonia BOUDREAU détient
un baccalauréat interdisciplinaire en arts ainsi qu’une maîtrise en
création de l’UQAC. Boursièredu CALQ à deux reprises (2008 et
2009), elle a présenté son travail individuel dans divers événements
et expositionsnotamment au CNE de Jonquière (2006), à la Maison de
la culture Côte-des-neiges de Montréal (2007), à Espace Virtuel(2008)
et prochainement à Vaste et Vague, Carleton. Membre du collectif Cédule
40 (400e de Québec 2008, Jardins deMétis 2006 à 2009) et des
Ateliers Touttout, elle vit et travaille au Saguenay depuis 2001.
L’artiste remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son appui
financier. |
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La galerie est
ouverte du mardi au samedi de midi à 17 h et sur rendez-vous.
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