« TACON-SITE DES RITES »
Partenaire :
la Municipalité de Ste-Jeanne-D'Arc
Ste-Jeanne-D'Arc QC - Septembre / Octobre 2008

Réalisation du Tacon-Site

Dans le cadre de « La Grande Marche des Tacons-Sites » et profitant des Journées de la culture , le duo d'artistes Alain Laroche et Jocelyn Maltais d'Interaction Qui a implanté leur vingt-quatrième monument à l'effigie de la ouananiche dans la municipalité de Sainte-Jeanne d'Arc. Il faut se rappeler que l'entreprise consiste à installer 60 sculptures de pierres prenant la forme de notre emblème animalier à tous les 5 kilomètres sur une trajectoire dessinant une immense ouananiche sur le territoire Saguenay-Lac-Saint-Jean.

ACTION PERFORMATIVE :
« Le rite de chasse à l’ours » - Vendredi 26 septembre 2008

Le choix de la thématique du rite de chasse à l’ours, pour l’action performative de ce Tacon-Site, n’est pas un hasard. Un fait inusité s’est produit en 1938 à Sainte-Jeanne-d’Arc. Un ours polaire fut abattu par des chasseurs de la municipalité à trois milles de l’estuaire de la Péribonka. Cette anecdote a suscité la création d’un rite de passage en utilisant le Pont couvert comme lieu sacré où l’ours noir est devenu ours blanc.

LE RITE
Selon la définition, un rite ou rituel est une séquence d'actions stéréotypées, chargées de signification (action symbolique), et organisées dans le temps. Le rite n'est pas spontané: au contraire, il est réglé, fixé, codifié, et le respect de la règle garantit l'efficacité du rituel. Le rite fait intervenir des rapports entre l’homme et le surnaturel. Depuis la nuit des temps, l’homme a élaboré des rites afin de solidariser leur famille, leur clan, leur communauté et leur nation. Le rite est en soit un instrument identitaire de consolidation culturelle. Sur notre territoire, les Ilnus ont créé, dans un but de survie, des rituels de chasse. Pour notre part, la religion catholique a introduit dans ses rites, des gestes renforçant les liens entre le profane et le sacré. La réalisation du Tacon-Site des Rites met en relief cet aspect de notre identité régionale, soit la présence sur un même territoire de rituels appartenant à deux nations distinctes : les Ilnus et les Québécois. Pour les Ilnus, les rites de chasse, et plus spécifiquement celui de la chasse à l’ours, est au centre de la vie spirituelle de cette communauté. Deux réalités que nous avons métisser dans l’action performative que les élèves ont accomplie et dans la présentation du conte « La dent de l’ours blanc ».

Curiosité :
La Dent de l'Ours blanc
Dans un premier temps, les élèves ont créé un « vêtement cérémonial » qui leur a permis d’entrer en relation avec l’ours. Il s’agissait de dessiner une scène représentant des ours dans leur milieu naturel sur un dossard. De plus, chaque classe avait à créer deux chorégraphies leur permettant d’approcher stratégiquement la bête lors de la chasse à l’ours. Ces activités ont été réalisées en classe avant l’action performative. La présentation du conte et l’action performative se sont déroulées au Pont couvert de Sainte-Jeanne-d’Arc. La journée a débuté par la présentation de Bertrand Bergeron du conte du Pays de la Ouananiche La dent de l’ours blanc. Le Rite de la chasse à l’ours a été séquencé en 5 étapes : La rumeur, La peau de l’ours, La chasse de l’ours, La marche de l’ours, L’omoplate magique.

La rumeur
Afin de déterminer le repaire de l’ours, le rite impose que les élèves écoutent la rumeur et répondent correctement aux différentes questions du Chamane. L’exercice débute de cette façon : le chamane chuchote à l’oreille d’un élève une révélation (cet élève ne pourra pas répondre aux questions du chamane à la fin). Cet élève révèle, toujours en chuchotant à l’oreille, ce qu’il a entendu à un autre élève. Ces deux élèves poursuivent cette activité vers d’autres élèves qui à leurs tours font en sorte que la rumeur s’étende à tout le groupe. Les élèves peuvent écouter plusieurs fois le message. Lorsque tout le groupe est prêt à répondre, le chamane interroge les chasseurs pour connaître le repaire de l’ours.

La peau de l’ours
Pour que les chasseurs puissent approcher l’ours le plus près possible pour le traquer, ils doivent devenir ours afin que l’ours chassé ne les reconnaisse pas comme chasseurs. Pour ce faire, ils doivent être initier et subir une épreuve. Il s’agit de jouer à l’ours. Le chamane tire au sort le nom d’un élève. Cet élève, pour devenir ours, doit toucher un autre élève. Tous les élèves doivent éviter de se faire toucher car seul le dernier qui aura été touché recevra la dent de l’ours blanc de la main du chamane. Chaque élève touché doit en toucher un autre pour devenir ours. Ceci accompli, il peut revêtir la peau de l’ours. L’épreuve est terminée lorsque tous les élèves sont devenus ours.


La chasse de l’ours
L’ours se cache dans sa tanière. Les chasseurs, qui ont l’apparence d’ours, s’en approchent et s’adressent à lui pour qu’il se découvre. C’est alors que les chasseurs doivent faire preuve de finesse et de stratégies pour l’abattre. Chaque groupe classe a réalisé des chorégraphies leur permettant d’approcher l’ours.

Action performative : « Le rite de chasse à l’ours »

Comme exemple de chorégraphie, nous pouvons imaginer les chasseurs marchant en file indienne en s’accroupissant à tous les 3 pas tout en s’approchant de l’ours. Un chant accompagne cette action. Lorsque l’ours démontre de l’impatience, le chamane demande le retrait des chasseurs et fait une interprétation de l’humeur de l’ours. Une autre classe accompagnée de tous les chasseurs font une seconde chorégraphie et ainsi de suite jusqu’à ce que l’ours démontre un certain épuisement.

La marche de l’ours
L’ours, n’ayant plus de résistance après autant d’attaques, est encerclé par les chasseurs qui se tiennent par la main. Ils doivent exécuter les consignes dictées par le chamane qui les amène à abattre l’ours. Une fois mort, le chamane s’approche de l’ours et le dépouille de sa peau. L’âme de l’ours se lève et lentement se dirige vers le Pont couvert et y disparaît. Pendant ce temps, le chamane retire l’omoplate du cadavre de l’ours. Alors se met en branle une procession. Le chamane en tête du groupe, puis suivent quatre chasseurs soutenant la peau de l’ours, ensuite deux chasseurs tenant l’omoplate de l’ours, le chasseur portant la dent de l’ours et les autres chasseurs en rangé à l’arrière du groupe. Le défilé s’est dirigé vers le pont couvert afin d’y suspendre la peau de l’ours. Il s’agissait d’un rite où le corps de l’animal joue un rôle d’intermédiaire en la terre et le ciel faisant en sorte que l’ours leur pardonne de lui avoir enlevé la vie afin que dans le futur les chasseurs aient de la nourriture nécessaire à la vie.

L’omoplate magique
Une fois la peau de l’ours suspendu et les chants terminés, le chamane emplit un chaudron de l’eau de la rivière Noire. Pour ce faire, une corvée de transport d’eau a été organisée. Une chaine a été formée par les chasseurs. La corvée terminée, le chamane a pris l’omoplate de l’ours et la présenté aux chasseurs qui en ont fait un examen attentif afin d’y déceler des informations sur de futurs terrains de chasse. Cependant leur recherche a demeuré vaine. Le chamane a plongé l’omoplate dans le chaudron rempli d’eau. Après quelques instants de méditation, il a sorti l’omoplate du chaudron et la montré de nouveau aux chasseurs qui cette fois y ont découvert des signes étranges. Le chamane les a interprété. Le rite de chasse à l’ours s’est terminé par un chant de clôture que les élèves avaient appris en classe.

Le « Tacon-Site des Rites » a été remis officiellement à Madame la pro maire Denise Lamontagne en présence de la classe de première année de l’école Bon-Pasteur de Sainte-Jeanne-d’Arc. L’omoplate de l’ours blanc a été remise à Monsieur Richard Boucher. Elle sera conservée au vieux moulin.

 

 

Réalisation du « Tacon-Site des Rites » et dévoilement du récit « La dent de l'ours blanc »
Inauguration officielle de la curiosité «
La Dent de l'Ours blanc »

Curiosité tirée de la collection « Contes du pays de la Ouananiche » - © Interaction QUI ltée

« TACON-SITE DES RITES »
Vingt-Quatrième Tacon-Site
Partenaire :
Municipalité de Ste-Jeanne-D'Arc
Ste-Jeanne-D'Arc QC - septembre / octobre 2008

La Grande Marche des Tacons-Sites a reçu le prix 2007
CITOYEN DE LA CULTURE
accordé par le réseau Les Arts et La Ville
et l'Union des municipalités du Québec

Interaction QUI bénéficie du soutien financier du Conseil des Arts du Canada pour la réalisation de La Grande Marche des Tacons-Sites.
Source :
M. Alain Laroche
Artiste

INTERACTION QUI LTÉE.
3135, des Mésanges, Alma, QC Canada G8B 5V3

 

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Dernière révision : 9 octobre 2008

Raymond-Marie Lavoie
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