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LA JOURNÉE DE L'HYMNE AU PRINTEMPS


(Saguenay le 21 août 2006)

Une langue à chanter
À propos de notre langue et notre chanson

Texte de M. Yvan Giguère, fondateur de
La Journée de l'Hymne au printemps
et du
Concours national de paroliers
Chanson pour tes yeux

« Je m'intéresse depuis plusieurs années à la chanson québécoise. J'ai mis sur pied en 1998 un événement culturel qui a pour nom : la Journée de l'Hymne au printemps qui a pour objet de promouvoir et de mettre en valeur la chanson d'expression française au Québec à l'occasion de la Francofête. Dans le cadre de cet événement, j'ai créé en 1999 le Concours national de paroliers Chanson pour tes yeux. Depuis sa création, près de 10,000 textes de chansons de langue française ont été soumis à ce concours. Cela démontre un intérêt certain pour l'écriture de chansons en français. Mais force est de constater qu'il y a tellement d'efforts qui doivent être faits pour donner à la chanson d'expression française toute la place qui lui revient dans le Québec d'aujourd'hui face, entre autres, au phénomène de la mondialisation.

En tant que professeur à temps partiel rattaché au Centre linguistique du Cégep de Jonquière et de l'École de langue française et de culture québécoise de l'Université du Québec à Chicoutimi, j'ai pu constater également qu'à un autre registre la langue française suscite un intérêt marqué auprès d'une clientèle étudiante constituée non seulement d'anglophone canadiens et américains mais également d'immigrants russes, polonais, chinois etc. Un intérêt qui va au-delà de la simple volonté d'apprentissage du français mais qui cherche à mieux saisir la culture qui la constitue. Devrait-on y voir un signe encourageant pour l'avenir du français au Québec, tout appelé qu'il sera à cohabiter avec la langue d'origine des nouveaux arrivants?

L'école de langue française et de culture québécoise de l'UQAC et le Centre linguistique du CÉGEP de Jonquière ont une excellente réputation à la grandeur du Canada et même de l'Amérique du Nord. Ces deux écoles d'immersion en langue française accueille un nombre considérable d'étudiants dans ce bastion francophone que constitue le Saguenay. J'ai eu le privilège d'enseigner à l'une et l'autre de ces deux écoles. Cela était stimulant de voir à quel point ces anglophones et immigrants en provenance d'un peu partout au Canada, des Etats-Unis et d'ailleurs dans le monde, veulent comprendre et saisir la richesse et les nuances de notre langue, des étudiants curieux aussi de connaître notre culture. Bien sûr que dans un tel contexte, il arrive parfois des choses presque inusitées comme par exemple, entendre une étudiante anglophone de Vancouver chanter par coeur ¨Les gens de mon pays¨ de Vigneault dans le cadre d'un atelier de chanson québécoise. On croirait rêver tant cela semble irréel. Mais bien entendu, la langue française ne doit pas demeurer qu'une simple curiosité aux yeux de ces étudiants.

Le texte avant toute chose ?


La chanson n'est pas que parole; elle est musique. Mais le texte est au service de la musique plus que le contraire dans le rock québécois en particulier. Dans cette perspective la langue française dans la chanson québécoise se trouve-t-elle menacée? Je dirais que non, puisque notre chanson semble toujours retombée sur ses pieds au moindre signe inquiétant. C'est pour cela, entre autres, que Félix Leclerc, est arrivé dans les années 50 ; Gilles Vigneault, Raymond Lévesque, et Jean-Pierre Ferland dans les années 60 ; Harmonium, Beau-Dommages, Paul Piché, Sylvain Lelièvre et Luc Plamondon dans les années 70 ; Michel Rivard, Richard Séguin, Francine Raymond, Luc De Larochellière, dans les années 80 ; Richard Desjardins, Jean Leloup, Daniel Bélanger et Laurence Jalbert dans les années 90. Voici que les années 2000 sont imprégnées par les Mara Tremblay, Marc Déry, Fred Fortin, Nicolas Ciccone, Daniel Boucher, Yann Perreau, Linda Lemay, Pierre Lapointe, pour ne nommer que ceux-là. Mais la relève de nos auteurs-compositeurs de langue française est-elle assurée? La chanson à texte au Québec va-t-elle survivre dans la tendance hégémonique mondiale de la chanson anglophone si présente entre autre sur les ondes de nos radios ?

Dans ce contexte, la chanson d'expression française doit préserver sa place dans le paysage inquiétant de la mondialisation et nous nous devons de la protéger au Québec en préservant nos acquis tel que les quotas de diffusion de la chanson francophone sur les ondes de nos stations de radio. La chanson québécoise a joué un rôle déterminant dans l'affirmation de ce que nous sommes et continuera de le faire tant et aussi longtemps que nous ne baisserons pas les bras et que nous imposerons le respect qui lui revient. »

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Source :
M.
Yvan Giguère

Site web :
La Journée de l'Hymne au printemps

Fondateur de La Journée de l'Hymne au printemps
et du Concours national de paroliers Chanson pour tes yeux - Saguenay (Québec) -

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Dernière révision : 24 août 2006

Raymond-Marie Lavoie
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