LA JOURNÉE DE L'HYMNE AU PRINTEMPS


UN PRINTEMPS NOMMÉ FÉLIX !

À l'occasion de la Journée de l'Hymne au printemps
Par Yvan Giguère


L'année: 1975! Devant moi, la plus belle et plus merveilleuse femme du moment ; mademoiselle Doucet, ma maîtresse d'école que j'aimais éperdument. Le jour: le 21 mars! En ce premier jour de printemps, mademoiselle Doucet avait laissé dans le fond de nos petits pupitres, à chacun, une feuille de papier pliée en deux qui sentait bon l'encre bleue.

Mais, pas touche avant sa permission! De plus, cette journée là, notre enseignante nous avait préparé une surprise et avait pris la peine d'écrire nos noms sur de petits bouts de papier qu'elle avait déposés soigneusement dans son chapeau de paille sur son bureau à côté de ma pomme rouge, bien entendu. Mais, qu'allait-elle faire tirer comme cadeau surprise?

Elle avait installé un 33 tours sur le petit tourne-disque carré situé derrière la classe. Quelle était donc la chanson de fin du mois, qu'elle nous ferait entendre dix jours à l'avance? Nos petites têtes d'enfants étaient complètement intriguées par les manoeuvres de notre maîtresse d'école. Mais avant toute chose, elle nous demanda de nous lever et d'aller ouvrir les fenêtres de la classe afin d'humer la fraîcheur de l'air printanier. Ce que nous fîmes le plus solennellement possible, fidèles à notre habitude de tout faire pour plaire à notre sublime mademoiselle Doucet. Une fois de retour à nos pupitres, elle procéda immédiatement au tirage; déposant sa belle main longue et blanche dans le creux de son chapeau. Elle cueillit délicatement un petit bout de papier rose et prononça ces quatre lettres : Y.V.A.N. Elle me regarda de ses yeux de velours et me fit signe d'ouvrir le premier, la fameuse feuille pliée en deux. Elle me demanda de lire les quatre premières lignes d'un texte de chanson ; c'était l'Hymne au printemps de Félix Leclerc.

Par la suite elle nous demanda de garder le plus grand silence et elle nous fit entendre celui qui avait composé cette chanson. Alors, une grosse voix ronde entonna; ¨Les blés sont mûrs et la terre est mouillée¨. Tous ensemble, sous le coup de l'étonnement, nous n'avons pu retenir l'éclat de nos rires nerveux. Mais pas longtemps, puisque le visage triste mais calme de mademoiselle Doucet a eu tôt fait de nous indiquer notre involontaire impertinence et, avec nos feuilles à l'encre bleue entre les mains, nous avons continué notre écoute dans le plus grand respect jusqu'à la fin. Émue par la chanson, mademoiselle Doucet sortit son beau mouchoir rose et essuya une larme. De façon spontanée et sans retenue, nos petites mains se mirent à applaudir afin de la remercier du cadeau qu'elle venait de nous faire. C'était ma première rencontre avec les mots de Félix Leclerc.

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Source :
M. Yvan Giguère
Organisateur en chef - Tél. : (418) 557-6464
du Concours national de paroliers
La Journée de l'Hymne au printemps

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Dernière révision : 21 mars 2008

Raymond-Marie Lavoie
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