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Lézard # 9, Vol. 3 - mai 1999

l'APES

APES

 

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Lettres à zimuts (2)

Une rencontre à Alma



Deux représentants de l'APES étaient à Alma, le jeudi 6 mai, Danielle Dubé et moi-même, lorsque Madame Bissonnette est venue rencontrer les gens du milieu culturel dans le cadre de sa tournée d'information sur la Grande Bibliothèque. Pas pire, hein ?! Quelques mots pour vous dire que du scepticisme, il y en avait autour de la table, c'était palpable; il y en aura toujours lorsqu'on qu'on joue avec les millions du contribuable. Sauf que la plupart des gens étaient d'accord sur un point : il faut tout faire pour rendre le livre incontournable.

Très bien, sauf que si je précise “la plupart”, c'est que quelques dignes représentants des Archives nationales se demandaient le pourquoi d'une Grande Bibliothèque, alors que nous avons déjà une Bibliothèque nationale. Bon, un cours d'histoire avec ça ? J'ai même entendu l'une d'elles proposer la construction d'un Grand Musée du Livre plutôt qu'une Grande Bibliothèque. Faut le faire ! Faut surtout travailler aux Archives nationales, considérer tout écrit comme une pièce de musée ; faut surtout tenir à sa chasse gardée... et être pas mal déconnecté de la réalité. N'ayons pas peur des mots ! Disons que j'ai réagi. Il me semble qu'un livre dans un musée bien gardé, pis touche pas à ça, ça fait plutôt dix–neuvième siècle ; le livre est alors brillamment contourné, et c'est le cimetière pour l'auteur.

Vous aurez deviné que je suis pour ce beau et grand projet. Pour, et sans aucune hésitation. Car il est basé sur un budget d'investissement, alors que les seuls arguments des «contres» et des «indécis» tournent autour d'un budget de fonctionnement. Et il y a toute une différence entre les deux colonnes. On fait dur, au Québec, mais nous sommes quand même appelés à un brillant avenir. Oui, car après les routes, les hôpitaux, polyvalentes, les cégeps, les universités, les arénas, les ordinateurs, les musées, les stades, les autoroutes à ski–doo, les usines d'épuration, les subventions en pure perte aux multi–nationales et le bogue de l'an 2000, il y aura enfin LA bibliothèque. Il me semble qu'il était temps.

Bref, entre nous, gens de culture et de littérature, nous devrions laisser travailler Madame Bissonnette en paix, et nous devrions tous l'encourager. Pas de problème de crédibilité; elle a déjà fait ses preuves, et elle est surtout assez brillante pour savoir ce qu'elle fait. De toute façon, pas besoin de partir en guerre contre NOTRE Grande Bibliothèque, il y en aura toujours, et en très grand nombre, des pragmatico–barbares–obtus anti–touttte pour lui mettre des bâtons dans les roues, à NOTRE Grande Madame Bissonnette.

Voilà, j'ai dit.

André Girard


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Dernière révision : 2 juin 1999

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Raymond-Marie Lavoie