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Lézard # 9, Vol. 3 - mai 1999

l'APES

APES

 

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«Lettre ouverte à la présidente»
de François Piazza

à Denise Boucher, présidente de l'UNEQ



Madame,

La lettre d’invectives, d’injures et de menace (icelle au singulier) que vous avez publiée dans le Forum (verrouillé) de l’Uneq contre tous ceux (nombreux) qui refusent d’être à votre botte, m’avait fait sourire : tout ce qui est exagéré est insignifiant.

Vous répliquer était déjà de trop : vous avez fermé le Forum. C’est en votre pouvoir. Mais par la même occasion, sur le site de l’Uneq, vous publiez un avis dans lequel, entre autres, vous faites allusion à un document qui “nous fut fourni par un de nos connaisseurs, François Piazza, que nous publierons et diffuserons sur notre site, s’il le permet, au moment opportun”. Ce qui laisse sous-entendre que je suis de connivence avec vous, alors que la bataille fait rage à l’intérieur de l’Uneq. Il n’en est rien. Sauf que cet avis est affiché aux yeux de tous ceux qui visionnent le site, et que je n’ai aucun moyen de remettre les pendules à l’heure. Je suis donc obligé de faire appel aux moyens externes pour rectifier les faits.

L’an dernier, j’ai remis à Louis Gauthier, alors président de l’Uneq et à sa demande, un pense-bête sur le sujet. Pour lui autant que pour moi, et ceux qui l’ont lu, c’étaient des notes à l’interne pour un projet éventuel à ébaucher.

Je ne vous ai jamais fourni de document. Mais mauvaise foi fait de tout son bois. Je n’ai jamais préconisé quelque forme de censure. Vous devriez pourtant être la première à le savoir... Il me souvient d’avoir, comme bien d’autres, protesté dans ma chronique d’alors contre la censure des Fées ont soif dont vous fûtes l’auteur. Anecdote : Maître Collard, votre pourfendeur, avait exigé un droit de réponse qui lui fut donné. Il m’accusait entre autres «de détruire la communauté» et de «pisser de la copie» (sic) Tout comme vous dans votre lettre d’insultes (ce sont les termes les plus doux!) Amusant, non ?

Par la même occasion, deux de vos co-signataires, piliers des Herbes Rouges, devraient le savoir aussi. Puisque, tout comme d’autres, j’avais protesté la liberté de cette maison d’édition contre ceux qui lui voulaient supprimer les subventions. Ont-ils lu ce qu’ils ont cosigné ? Approuvés la censure?

Il se peut : les opinions ont tendance à prendre la couleur des intérêts du moment.

Au moment où l’Uneq est, grâce à vos soins diligents, déchirée et bousculée par des ukases, comme la lecture du bulletin de l’Association professionnelle des Écrivains de la Saguemie l’explique dans un numéro spécial, comme François Barcelo l’indique dans une lettre publique de démission de l’Uneq, je ne tiens pas, Madame, à être soupçonné le moindrement de connivence avec vous.

Quant à la publication de mes notes, pourquoi pas ? C’est le moment opportun ! Mais à deux conditions «sine quod non» cependant :

1) Que ce soit la photocopie du double en ma possession. Avec ce qui se passe à l’Uneq maintenant, la prudence est de mise.

2) Que pour la compréhension du public (car un site internet sans code d’accès est public et soumis aux lois) soit diffusé aussi l’échange de correspondances semi-publiques que nous avons eu. Si par hasard. en supprimant le Forum, vous en aviez perdu trace, j’ai à vous disposition le double de certains de vos écrits en HTLM 4 (difficile à trafiquer sans laisser de trace)

Publier une correspondance entre écrivains, quoi de plus normal ? Je suis certain que vous serez enchantée d’afficher aux yeux d’autrui la profondeur de vos vues et de vos préoccupations quant à l’Uneq, la richesse et la vigueur de votre vocabulaire, votre sens de la justice et de liberté. Vous y avez tout à gagner. Pour donner un aperçu, je tiens à répéter (hélas, c’est de nos âges !) la fin de ma dernière lettre affichée au Forum, le 7/1/99 :

Si comme dit Isaac Asimov «la violence est l’ultime recours de l’incompétence» face à l’humour, l’injure et la menace sont, faute de mieux, ceux du totalitarisme. Pour lui, hors la louange et la servilité, tout est abus de liberté.

En vertu de notre ancienne amitié, veuillez croire, Madame Denise Boucher, en l’assurance de ma sincère compassion...

François Piazza


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Dernière révision : 2 juin 1999

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Raymond-Marie Lavoie