Logo Lezard
Lézard # 9, Vol. 3 - mai 1999

l'APES

APES

 

Page 16 de 20


LA SAGA, SUITE (1)
Après l’infameuse assemblée générale de la fin novembre 1998 où avait été votée dans des conditions un peu particulières la proposition reconfigurant les régions du Québec et précisant les modalités d’existence du nouveau Comité des régions, intitulé “trans-Québec” («Trans-Q» pour les intimes; voir notre Lézard # 8), et tandis que dans les chaumières on préparait joyeusement les fêtes de fin d’année, le débat allait bon train sur le Forum électronique de l’Uneq qui...

À vrai dire, le débat n’allait pas bon train : deux pelés et trois tondus, toujours les mêmes, alternaient paresseusement questions, commentaires, réponses et autres, Louis Gauthier, François Jobin et Alain Beaulieu se faisant principalement les défenseurs de la ligne du parti, François Barcelo et François Piazza lançant quelques éclairs, et moi-même essayant de faire passer un peu d’information au travers en souhaitant une véritable discussion dont je désespérais de plus en plus.

Sur ce, coup d’éclat : sans explication, le Forum devient inaccessible aux non-membres de l’Uneq (qui ne s’y garrochaient vraiment pas en foule même ces derniers temps : j’en ai vu passer un seul, avec deux messages très posés, de moins d’une cinquantaine de mots), et nécessitait pour les membres un double code d’entrée. Qu’on nous communiqua d’abord par voie de... courriel ! Après quoi un message sur le site priait les membres de s’adresser directement à l’Uneq pour obtenir les codes. De toute évidence, certains n’avaient pas encore très bien compris comment fonctionnent les nouveaux moyens de communication et d’information: même si un membre révolté par la censure ne communiquait pas les fameux codes à tout et chacun, par principe, ils sont d’une facilité enfantine à «craquer» si une personne farceuse le voulait...

Qui plus est, on avait dû effectuer une fausse manoeuvre, car les membres, une fois sur le Forum-avec-codes, ne pouvaient même plus envoyer de messages ! Bref, cette action était d’une telle stupidité brouillonne, sur tous les plans, que j’éclatai quant à moi de rire et allai emballer mes cadeaux de Noël après avoir envoyé à l’Uneq, hors-forum, un petit message qui demeura sans réponse. Il y eut quelques échanges parallèles de courriel entre les uns et les autres, mais Noël approchait, et la tonalité des échanges pourrait se résumer à la phrase lapidaire de François Barcelo : “Ils sont fous raides”.

Mais ce n’était pas tout. Quelques temps après, c’est la rentrée de janvier, tout le monde est encore plein de dinde et de chocolat, les rouages de la vie normale se remettent bien lentement à tourner... On s’échange deux ou trois voeux de nouvel an sur le Forum redevenu fonctionnel et toujours à-codes, (malgré quelques protestations des uns et des autres, François Jobin, Alain Beaulieu...), et François Piazza envoie quant à lui à la nouvelle présidente, Denise Boucher, sous les espèces de “la Mère Ubu”, des voeux en forme de satire dans le style d’Alfred Jarry. Terrible crime de lèse-majesté : Denise Boucher répond par une longue diatribe en vers libres, mélange d’invectives et de menaces s’adressant, au-delà de François Piazza à tous ceux qui ont osé discuter sur le Forum dans le sillage de l’AG.

Je vous aurais bien retransmis tous ces derniers textes (“Rien que les faits, M’ame”), pour vous permettre de juger sur pièces, mais malheureusement ils sont inaccessibles, sans doute disparus, car suite à ce coup d’éclat de la nouvelle présidente, on ferme définitivement le Forum ! C’est ce que nous apprend un nouveau message en vers de la Présidente, avec vague promesse qu’une nouvelle version du Forum reverra le jour plus tard. On nous dira bien plus tard (dans L’Unique de ce printemps...) que c’était pour des raisons techniques.

Il était très clair à l’époque que ce n’était pas là la vraie raison. Stupeur. Scandale. On avait espéré que l’accalmie des fêtes se prolongerait à la rentrée et que la discussion reprendrait, comme il se doit dans une association démocratique d’écrivains, anti-censure, et pro-liberté d’expression. Mais non. Au contraire, coup d’état autocratique du CA (qui cosigne unanimement la déclaration de la présidente, s’il faut en croire le message diffusé sur le site de l’Uneq ; on a appris par la suite que cette unanimité n’était pas si unanime), on musèle jusqu’aux membres de l’Uneq sur le site même de leur association. Pourtant, du coup, le front uni autour du CA de l’Uneq se rompt quelque peu. François Jobin manifeste son désaccord. François Barcelo, quant à lui, démissionne avec éclat de l’Uneq. Et François Piazza expédie une “lettre ouverte à la Présidente” à tous les membres munis de courriel.

Le courriel va bon train de nouveau entre membres pour s’expliquer la fermeture aberrante du Forum ; François Jobin est sceptique sur ces chances d’être dans le futur le responsable de L’Unique, le bulletin de l’Uneq, à cause de sa position critique à l’égard du geste du CA. (Il a démissionné depuis.) On lui a par ailleurs assez clairement fait comprendre que, d’une part, lorsque le Forum reviendra, s’il revient, ce sera sous la forme d’une liste de discussion, c’est-à-dire avec un modérateur (information confirmée par Louise Desjardins, responsable des régions, ayant depuis démissionné du CA), i.e. s’il faut bien comprendre, avec possible censure ; et que d’autre part on désire faire de L‘Unique “la vitrine” de l’Uneq, un peu l’équivalent de La Pravda en ce qui concerne la fiabilité et l’utilité, voire la «vérité», des informations et des opinions qu’on y trouvera... On aura pu en juger par le premier numéro reçu ce printemps...(suite)

Bande du bas de page


Page précédente Sommaire

Page 16 de 20

Page suivante




Dernière révision : 2 juin 1999

Webmestre
Icone pour courrier à Raymond-Marie Lavoie

Raymond-Marie Lavoie