Logo Lezard
Lézard # 9, Vol. 3 - mai 1999

l'APES

APES

 

Page 12 de 20



1999 - Avril - Publication de «Coeur innombrable»,
de Christiane Laforge

Publié aux Éditions JCL
Découvrez Quelques extraits de ce livre,
diffusés sur le site des Éditions JCL

Dans ce recueil de prose poétique, ponctué de poèmes, Christiane Laforge tente de toucher l’absolu, celui de l’amour, et en interroge plusieurs facettes. “Comment nommer le mot au-delà de je t’aime pour dire le sens du cri premier te défiant à l’instant de naître, toi, la vie, que j’étreins envers et contre tous comme l’amante s’empare de l’homme?” se demande-t-elle.

Elle relate son parcours amoureux, ses bonheurs, ses déchirures, ses hésitations. Sa force réside dans l’authenticité et, aussi, dans cette quête d’un absolu confronté à la fugacité du désir. Dans une écriture frémissante, animée par la passion du risque et par celle des mots, ancrée dans des images telluriques, elle espère trouver une langue nouvelle et s’avance vers l’autre et vers elle-même tout en questionnant : “Comment nommer la terre de tant de joie et de blessures ? Vais-je y créer une langue nouvelle, vierge de tout mensonge ? Vais-je trouver les mots jamais prononcés qui laisseront intact l’aveu de mon amour?”

“J’aime le vent”, ainsi s’amorce le dire d’une femme à la recherche de liberté. L’auteure a la rare audace d’exprimer cet érotisme qui marque tout amour : je dis “rare” car les poètes se contentent habituellement d’allusions à l’érotisme, du moins la plupart d’en-tre eux. Dans ce texte, Christiane Laforge consent au corps, au sien, à celui de l’homme ; elle célèbre la beauté de l’étreinte et de l’orgasme, s’y abandonnant avec cette sincérité profonde qui est la sienne. Elle écrit : “J’écarte les draps, découvre ton torse dont la puissance est une invite à l’abandon. Tu gémis à l’audace de ma main qui explore ton désir. D’un mouvement brusque, tu me bascules sur le dos, tes mains modelant mes courbes, que tu façonnes à ton plaisir.”

L’auteure nomme la jouissance et aussi tente d’en cerner la description. Elle réfléchit. Elle pleure. Elle rit. Elle vit. Ce texte ressemble à une délivrance.

Les photographies noir et blanc de Carolle Brisson appuient le propos poétique, comme un commentaire sur l’instantanéïté et la continuité du frisson. Toutefois, l’auteure elle-même ne s’est-elle pas davantage attachée à l’expression plutôt qu’au langage ?

Nicole Houde

Page précédente Sommaire

Page 12 de 20

Page suivante




Dernière révision : 2 juin 1999

Webmestre
Icone pour courrier à Raymond-Marie Lavoie

Raymond-Marie Lavoie