(Pour des raisons d’espace
et de lisibilité, nous ne reproduisons pas la lettre initiale de François
Barcelo à Alain Beaulieu, car ce dernier l’a intégrée à
sa réponse ; nous l’ndiquons en italiques — NDLR]
Alain Beaulieu
à François Barcelo
17 novembre 1998
Salut François,
Je veux d’abord te dire que, bien que ma candidature soit présentée
dans les documents de l’Uneq, je compte me désister avant le vote pour des
raisons personnelles de disponibilité.
Te dire aussi que je fais partie du comité ad hoc des régions (i.e.
suite à une demande de l’Uneq d’en faire partie) qui a élaboré
la proposition n°1.
Te dire enfin que je ne suis pas certain d’avoir compris le sens (l’essence) de tes
critiques.
Allons-y dans le texte...
[FB :] Chers amis,
Des séances de signature vont vraisemblablement m’empêcher de participer
au débat sur la proposition N°1 du c.a. de l’Uneq. C’est dommage, parce
que je la trouve carrément indécente. Et j’espère que l’un d’entre
vous aura le courage de lire pour moi le message qui suit.
[A.B :] L’idée du nouveau comité des régions prend sa source
dans le fait que certaines régions n’ont pas d’association régionale,
que certaines associations régionales ne comptent pas que des écrivains
ou regroupent des écrivains qui ne sont pas membres de l’Uneq. Il fallait
donc trouver une formule qui permette que les écrivains membres de l’Uneq
en régions y soient tous représentés.
1. Il est aberrant que les 8 écrivains de l’Abitibi-Témiscamingue aient
leur représentant alors que deux régions qui comptent un total de 146
auteurs (l’Estrie et la Montérégie) n’en auraient qu’un. L’Abitibi-Témiscamingue
pourrait même en avoir deux, si la candidate de cette région est élue
représentante des régions au c.a.
La représentation ne sera jamais équitable puisque nous jouons avec
deux variables incompatibles: le nombre et le territoire. Nous avons tenté
de regrouper les régions sur une base territoriale. L’Abitibi, parce que trop
éloignée, n’a pas pu être jointe à une autre région.
Pour ce qui est du représentant des régions au c.a., il est évident
que, quelque soit sa région, celle-ci aura deux représentants au comité.
2. Il est aberrant que les auteurs de Laval et des Laurentides soient associés
à ceux de Montréal comme s’ils habitaient le Plateau Mont-Royal et
sans qu’on leur demande leur avis. Il en va de même pour ceux de la région
Chaudière-Appalaches avec Québec.
Laval est-elle une région? La réalité des écrivains de
Laval est-elle différente de celle des écrivains de Montréal?
Peut-être... En ce qui concerne Chaudière-Appalaches et Québec,
je ne crois pas que cela cause problème. Mais peut-être suis-je ici
dans l’erreur.
3. Il est aberrant que cette proposition ne nous dise pas comment et par qui seront
choisis les délégués des régions qui n’ont pas d’association,
ni ceux des régions qui en ont une, ni même comment on choisira un délégué
qui devra représenter deux ou trois régions.
Il est établi que les auteurs de chaque région éliront leur
représentant, soit par vote postal ou autrement. Ce sera le délégué
nommé par l’Uneq qui aura six mois (pour mai 99) pour organiser ces élections.
Il est clair que les associations régionales n’ont plus voix à ce chapitre
et j’aimerais que tu m’expliques pourquoi cette façon de procéder te
fâche tant.
4. Il est aberrant qu’on écarte ainsi les représentants d’associations
régionales actives et solidement implantées. En particulier l’Estrie,
la Montérégie, la Sagamie, Laval et l’Outaouais qui n’auront plus droit
chacune qu’à un demi ou un tiers de délégué.
Il a été établi que les associations régionales ci-haut
citées ne font pas partie de la structure même de l’Uneq, ce qui n’enlève
rien à leur dynamisme et à leur implication dans leurs milieux respectifs.
L’Uneq devait donc se donner une structure pour que chaque région soit représentée
et entendue par les instances montréalaises (et vice versa). C’est le but
recherché. Peut-être que la structure à 17 régions serait
plus appropriée, je ne sais pas.
5. Il est aberrant que ce ne soient pas les associations régionales, là
où il en existe, qui choisissent leur délégué.
Parce que les ass. rég. ne sont pas toutes pareilles. Certaines acceptent
des membres qui ne sont pas écrivains; dans certaines ass., la moitié
des écrivains membres ne font partie de l’Uneq, etc. Comme c’est l’Uneq qui
fournit les fonds, il faut que ça revienne aux membres de l’Uneq. Non?
6. Il est aberrant que le Comité Trans-Québec prétende dans
les circonstances agir à titre de «répondant pour l’organisation
d’événements nationaux et régionaux et auprès des organismes
subventionneurs et des organismes régionaux», ce qui laisse entendre
encore une fois que les associations régionales seront écartées.
Tu as raison, les ass. rég. ne font plus partie de la structure.
7. Il est évident qu’il ne s’agit pas, de la part du c.a., d’une guerre faite
aux associations régionales, mais plutôt d’une campagne d’extermination.
Il est impossible que des représentants d’associations régionales aient
participé à l’élaboration de cette proposition. Elle a donc
été faite sans l’accord et la participation du comité des régions.
Ce qui démontre bien à quel point l’Uneq méprise ce comité
et ne rêve que de s'‘sn débarrasser en lui enlevant sa représentativité.
C’est là que j’ai un peu l’impression de ne pas avoir compris tous les enjeux
de ce dossier quand j’ai accepté de participer au comité as hoc de
l’Uneq. Effectivement, l’actuel comité des régions n’a pas participé
à l’actuelle refonte de ce comité. On m’avait expliqué que ledit
comité tirait son budget du pourcentage de reprographie et que, comme ce programme
n’existait plus (à la suite de la création de COPIBEC), le comité
lui-même devenait caduc.
J’ose espérer que l’Uneq n’a pas voulu se débarrasser des régions
et de leur comité. J’y ai plutôt vu une occasion de remettre ce comité
sur des rails nouveaux.
Je propose plutôt:
1. Que le comité des régions continue de s’appeler comité des
régions plutôt que de prendre le nom disgracieux et confus de Comité
Trans-Québec.
J’aurais tendance à être d’accord...
2. Que chaque région qui possède une association régionale nomme
son délégué au comité des régions.
Je préfèrerais que le représentant soit élu par tous
les membres de l’Uneq de ladite région. Cela me semble plus... démocratique?
3. Que, dans chaque région qui est dépourvue d’association régionale,
l’Uneq sollicite des candidatures. Si personne ne se propose, cette région
se passera de délégué. Si plusieurs personnes se proposent,
il y aura élection. Si une seule personne le fait, elle sera automatiquement
déléguée de sa région.
Idem.
4. Je n’ai pas d’objection à ce que Montréal et Québec aient
aussi leurs délégués Je sais que cela accroîtrait le nombre
de délégués régionaux - jusqu’à dix-sept, théoriquement.
Mais un comité des régions n’a-t-il pas, par définition, pour
objectif de représenter et de mobiliser toutes les régions et non seulement
quelques-unes De toute façon, rien n’empêcherait deux ou plusieurs associations
régionales de se faire représenter par un seul délégué
si elles le souhaitent. Ou le comité des régions pourrait élire
un exécutif chargé de affaires courantes.
Je crois comprendre que ma proposition est irrecevable, pour des raisons que je ne
comprends pas. Cela ne nous laisse pas d’autre choix que de rejeter celle du c.a.
et de prolonger le statu quo.
Avec le statu quo, si j’ai bien compris, certains écrivains membres de l’Uneq
en région ne sont pas représentés au comité des régions.
Il faut donc faire quelque chose. Il me semblait que la proposition n°1 de l’Uneq
pouvait répondre aux objectifs de représentativité des régions
à l’Uneq et de l’Uneq en région.