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L'écrivain dans la vitrine |
| L’UNEQ, avec l’aide du Conseil des Arts, a organisé une grande promotion des auteurs venus des régions : on les invitait à Montréal au printemps, pour rencontrer les membres des médias. Notre ami André Girard a produit le rapport suivant sur cette activité. |
Il faut croire que ce jour-là, ce vendredi 29 mai 1998, la presse grand public ne voulait rien savoir des écriveux régionaleux. Mais il ne faut pas s’en faire; en région, nous sommes habitués à un tel traitement. Car c’est partout pareil, à la grandeur du Québec : sauf exceptions, il n’y a que les média communautaires pour s’intéresser à la chose littéraire. Oui, CIBL était sur place, et la qualité de l’entretien valait bien toutes les grandes Bombardier et petits Martel de la planète.
Malgré tout, malgré ce réel coup de poing au visage, ce fut un grand plaisir de passer en famille cette journée, en toute littérature. Ça fait du bien de s’étendre sur les petits et grands problèmes, d’échanger sur les travaux en cours, de parler des projets futurs. Car c'est ça aussi, la littérature. Quant à l’équipe de l’UNEQ, elle a su nous réserver un accueil d’une belle et grande chaleur.
On m’a demandé des suggestions. Inverser les rôles, peut-être. Pourquoi pas? Pourquoi pas un énaurme cachet que le Conseil des Arts pourrait attribuer au chroniqueur littéraire qui oserait se déplacer pour venir passer une semaine complète à l’auberge la plus cotée de la région? Pas de problème, il y en a partout au Québec, des auberges haut de gamme, et même dans mon bled. En dilettante, entre deux saunas, les soins maternels d'une manucure et trois bonnes bouffes bien arrosées, il pourrait piquer une pointe à la cabane de l’auteur, et en profiter pour lui poser la question à mille dollars: Comment tu fais pour vivre dans un trou pareil!? J'ai comme l’impression qu’alors, et alors seulement, ça se bousculerait au portique... comme j’ai l’impression que notre littérature ferait un grand bond en avant. À la limite, les pauvres, on pourrait leur payer un bel autobus scolaire tout neuf pour faire la tournée des salons du livre. Vous savez, c'est très photogénique, un autobus scolaire en automne...