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| Lectures, encore |
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Certains livres sont comme de grandes respirations. Tout se
passe entre le temps où vous suivez les phrases et l'autre, ce temps que la
lecture vous laisse et où vous regardez devant, heu-reux tout simplement.
J'aurai presque tout appris des chardonnerets qui s'accrochent, tête en bas,
à la corde à linge qui coupe le jardin, en lisant André Girard.
Pas que le livre soit fastidieux mais parce que je voulais faire durer le plaisir,
lire à petites gorgées comme je le fais d'un vin rouge un peu acide
qu'il fait bon déguster en automne quand tout le jaune débarque des
arbres. Dès la première phrase, j'ai su. J'ai étiré les
jambes et j'ai fermé les yeux pour laisser descendre en moi la musique des
mots. La journée s'étalait devant et il y avait du soleil sur l'herbe
toute barbouillée de feuilles. Juste l'incipit et une ou deux phrases pour
bien saisir le rythme et l'élan qui porte vers le texte. Il faut profiter
de ces grands bonheurs parce que peu d'écrivains réussissent le tour
de magie. Yvon Paré
«Zone Portuaire»
André Girard,
VLB Éditeur, 110 pages.
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