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Lézard # 15, Vol. 4 - SPÉCIAL SALON DU LIVRE 2001

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Visite à Windsor

par Jean-Alain Tremblay


Photo de Jean-Alain Tremblay
Le 21 juillet dernier, se tenait à Windsor (Ontario) le 1er Festival des littératures françaises des Amériques qui regroupait une quarantaine d’auteurs à l’occasion du tricentenaire de Détroit dont le fondateur, tout français qu’il fut, doit sa renommée au fait d’avoir légué son nom au symbole le plus clinquant de l’american dream : la Cadillac.
De cette conjonction franco-américaine est issu le thème du festival “trois cents ans de présence française en Amérique” qu’illustrait bien la brochette d’écrivains venus du Québec, du Canada et des Etats-Unis. Parmi eux se trouvaient les Naïm Kattan, Jean-Paul Daoust, Jeanne Painchaud, Marguerite Andersen, Dany Laferrière, Hélène Pednault, François Barcelo et bien d’autres. L’APES-CN y était représentée, quant à elle, par quatre de ses membres : Marie-Paule Villeneuve, Marjolaine Bouchard, Élisabeth Vonarburg et moi-même.
Le festival prenait la forme d’un marathon d’écriture de douze heures pendant lequel chaque auteur devait produire un texte sur le thème proposé tout en ayant l’occasion d’échanger avec le public venu assister à l’activité.
Production littéraire, il y eut, à n’en pas douter. Certains auteurs avaient même pris une bonne avance avant le signal de départ. Marjolaine, par exemple, n’avait plus qu’à peaufiner son texte, une allégorie aussi délicate et complexe que le caractère du chat grâce auquel elle personnifie l’évolution des lettres françaises en Amérique depuis trois siècles. J’avais pour ma part fait le pari de dénicher mon sujet au cours du voyage qui me menait à Windsor. Je l’ai longtemps cherché pour le découvrir finement brodé sur le sac à dos d’une fillette s’amusant dans un parc de Chicago.
Échange avec le public, il n’y eut point car, il faut bien l’avouer, le festival s’est déroulé en toute confidentialité. Même si les auteurs ne s’attendent jamais à attirer les foules, comment ne pas s’interroger sur les causes d’une si faible participation ? L’idée de tenir l’événement dans une lointaine banlieue alors que toute la population convergeait vers le centre-ville nous plaçait bien sûr à contre-courant des festivités, mais où se cachaient tous ceux et celles qui s’intéressent ou devraient s’intéresser à la littérature, étudiants, professeurs etc. ? Cruelle question qu’il me semble avoir souvent entendue pour des événements tenus ici et à laquelle j’attends toujours une réponse.
Faute de public, les auteurs se sont toutefois repris de belle façon en partageant à la fin de la journée les résultats de leurs efforts qui révélaient la richesse polyphonique du français d’Amérique. Accents, thèmes et genres se mélangeaient dans un cocktail plein de surprises. La découverte du “roman d’espionnage agricole” aura par exemple laissé une impression durable dans l’esprit de certaines personnes...
Autre retombée intéressante pour l’APES-CN : le recrutement d’un nouveau membre dont les racines bien saguenéennes survivent d-puis plus de trente ans en sol outaouais. Sous quel nom faut-il la présenter? Nancy Vickers, Barbara Brèze ou Anne Claire ? Je lui laisse le soin de démêler l’écheveau de cette identité trinitaire qui, de son propre aveu, tient davantage de la sorcellerie que de la divinité.
Qu’adviendra-t-il de ce festival? D’abord, les textes écrits pour la circonstance doivent être réunis et publiés dans une édition de luxe bilingue au début de 2002. L’événement se répétera-t-il? J’ai entendu chuchoter quelques dates, quelques lieux : automne 2002, printemps 2003, Louisiane... Un festival des littératures françaises d’Amérique? Une bonne idée, qu’il reste à développer.

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Dernière révision : 11 octobre 2001

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Raymond-Marie Lavoie