Le
21 juillet dernier, se tenait à Windsor (Ontario) le 1er Festival
des littératures françaises des Amériques qui regroupait une
quarantaine d’auteurs à l’occasion du tricentenaire de Détroit dont
le fondateur, tout français qu’il fut, doit sa renommée au fait d’avoir
légué son nom au symbole le plus clinquant de l’american dream :
la Cadillac.
De
cette conjonction franco-américaine est issu le thème du festival “trois
cents ans de présence française en Amérique” qu’illustrait bien
la brochette d’écrivains venus du Québec, du Canada et des Etats-Unis.
Parmi eux se trouvaient les Naïm Kattan, Jean-Paul Daoust, Jeanne Painchaud,
Marguerite Andersen, Dany Laferrière, Hélène Pednault, François
Barcelo et bien d’autres. L’APES-CN y était représentée, quant
à elle, par quatre de ses membres : Marie-Paule Villeneuve, Marjolaine Bouchard,
Élisabeth Vonarburg
et moi-même.
Le
festival prenait la forme d’un marathon d’écriture de douze heures pendant
lequel chaque auteur devait produire un texte sur le thème proposé
tout en ayant l’occasion d’échanger avec le public venu assister à
l’activité.
Production
littéraire, il y eut, à n’en pas douter. Certains auteurs avaient même
pris une bonne avance avant le signal de départ. Marjolaine, par exemple,
n’avait plus qu’à peaufiner son texte, une allégorie aussi délicate
et complexe que le caractère du chat grâce auquel elle personnifie l’évolution
des lettres françaises en Amérique depuis trois siècles. J’avais
pour ma part fait le pari de dénicher mon sujet au cours du voyage qui me
menait à Windsor. Je l’ai longtemps cherché pour le découvrir
finement brodé sur le sac à dos d’une fillette s’amusant dans un parc
de Chicago.
Échange
avec le public, il n’y eut point car, il faut bien l’avouer, le festival s’est déroulé
en toute confidentialité. Même si les auteurs ne s’attendent jamais
à attirer les foules, comment ne pas s’interroger sur les causes d’une si
faible participation ? L’idée de tenir l’événement dans une
lointaine banlieue alors que toute la population convergeait vers le centre-ville
nous plaçait bien sûr à contre-courant des festivités,
mais où se cachaient tous ceux et celles qui s’intéressent ou devraient
s’intéresser à la littérature, étudiants, professeurs
etc. ? Cruelle question qu’il me semble avoir souvent entendue pour des événements
tenus ici et à laquelle j’attends toujours une réponse.
Faute de public, les auteurs se sont toutefois repris de belle façon en partageant
à la fin de la journée les résultats de leurs efforts qui révélaient
la richesse polyphonique du français d’Amérique. Accents, thèmes
et genres se mélangeaient dans un cocktail plein de surprises. La découverte
du “roman d’espionnage agricole” aura par exemple laissé une impression durable
dans l’esprit de certaines personnes...
Autre
retombée intéressante pour l’APES-CN : le recrutement d’un nouveau
membre dont les racines bien saguenéennes survivent d-puis plus de trente
ans en sol outaouais. Sous quel nom faut-il la présenter? Nancy Vickers, Barbara
Brèze ou Anne Claire ? Je lui laisse le soin de démêler l’écheveau
de cette identité trinitaire qui, de son propre aveu, tient davantage de la
sorcellerie que de la divinité.
Qu’adviendra-t-il
de ce festival? D’abord, les textes écrits pour la circonstance doivent être
réunis et publiés dans une édition de luxe bilingue au début
de 2002. L’événement se répétera-t-il? J’ai entendu chuchoter
quelques dates, quelques lieux : automne 2002, printemps 2003, Louisiane...
Un festival des littératures françaises d’Amérique? Une bonne
idée, qu’il reste à développer.
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