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Lézard # 15, Vol. 4 - SPÉCIAL SALON DU LIVRE 2001

l'APES

APES

 

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Rêver d'écrire

par Marjolaine Bouchard


Signature de Marjolaine Bouchard
Grâce à un congé sans solde de dix semaines (mi-février à fin avril) — difficilement obtenu auprès de mon employeur — j’allais enfin pouvoir m’enfermer et écrire en cette fin d’hiver 2001. Mais voilà, sans avoir encore touché le clavier, je me retrouve avec quelques joyeux lurons de l’APES-CN à bord d’une wagonnette lancée vers la Côte-Nord, à travers vents et tempêtes, pour répondre à l’invitation du Salon du livre de Sept-Îles. Sur la Côte nous attendaient bien des surprises : une chaleureuse soirée dans le cadre des “Antichambres du Salon” (à Baie-Comeau), des tables rondes, des jeux-questionnaires, des visites dans les écoles — et que de gens sympathiques!
Au retour, il me fallait honorer les lettres d’entente signées avec une douzaine d’écoles pour les rencontres Culture-éducation. En tout, trente jours, plusieurs milliers de kilomètres à parcourir pour rencontrer autant d’étudiants du primaire et du secondaire. À travers cette tournée, comment refuser les invitations renouvelées des bibliothèques d’Alma, de Jonquière et de Chicoutimi pour animer des causeries avec les jeunes lecteurs? Tous ces projets demandaient la préparation d’une dizaine d’animations différentes, la rédaction de textes de présentation pour des sites Web, pour les albums-souvenirs des écoles, pour des allocutions... Mais qu’à cela ne tienne, le temps ne compte plus lorsqu’on le partage avec des gens passionnés. Tiens, et pourquoi ne pas suivre cette intéressante formation en Ateliers littéraires thérapeutiques, participer à différents projets éducatifs reliés à l’écriture dans les écoles primaires (Réforme oblige), tout en poursuivant son BAC en littérature française à temps partiel, question d’étendre sa culture ?
Pour couronner le tout, une invitation à participer au Festival mondial de la littérature à Montréal et à l’activité “Devine qui vient dîner” à titre d’auteure “des régions”. J’entends encore André Roy, du conseil d’administration de l’UNEQ, me poser la question lors d’un dîner : “Comment faites-vous la promotion, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, sans médias?” Il a sûrement fait un lapsus, mais j’ai les yeux ronds et de l’ironie dans la voix lorsque je lui réponds : “Quand même, nous avons des journaux, la télévision, la radio...” En fait, je me retenais de conclure à la blague : “Les nuages de fumée et les tamtams aussi, mais on les utilise seulement lorsque le vent est favorable.” Quoi qu’il en soit, malgré des démonstrations toujours à refaire devant ces perceptions étranges, les initiatives comme “Devine qui vient dîner” sont de belles occasions de promouvoir les écrivains (des régions, entre autres) dans la métropole, à condition que la température soit clémente et qu’il vienne du monde.
Retour à la maison, hop! il faut aider la plus jeune avec ses devoirs entre la plus vieille et ses problèmes de coeur, et le fils du milieu qui veut discuter philosophie et problèmes mondiaux. Ne pas oublier de recoudre les boutons qui manquent au chandail, d’acheter des espadrilles à velcro pour l’une, une gomme à effacer pour l’autre. “Qu’est-ce qu’on mange pour souper?” “Maman, as-tu lavé mes jeans noirs?” “J’ai besoin de l’ordinateur.”
Au secours!
Ce fut un congé bien rempli, énergivore mais passionnant. Le seul hic : je n’ai écrit qu’une nouvelle pour le Tricentenaire de Windsor-Détroit et le Festival des littératures françaises en Amérique (fin juillet).
À venir : la Semaine canadienne du livre pour la jeunesse, volet francophone (du 3 au 10 novembre 2001) — et de nombreux rêves d’écriture...

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Dernière révision : 11 octobre 2001

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Raymond-Marie Lavoie