Grâce
à un congé sans solde de dix semaines (mi-février à fin
avril) — difficilement obtenu auprès de mon employeur — j’allais enfin pouvoir
m’enfermer et écrire en cette fin d’hiver 2001. Mais voilà, sans avoir
encore touché le clavier, je me retrouve avec quelques joyeux lurons de l’APES-CN
à bord d’une wagonnette lancée vers la Côte-Nord, à travers
vents et tempêtes, pour répondre à l’invitation du Salon du livre
de Sept-Îles. Sur la Côte nous attendaient bien des surprises : une chaleureuse
soirée dans le cadre des “Antichambres du Salon” (à Baie-Comeau), des
tables rondes, des jeux-questionnaires, des visites dans les écoles — et que
de gens sympathiques!
Au
retour, il me fallait honorer les lettres d’entente signées avec une douzaine
d’écoles pour les rencontres Culture-éducation. En tout, trente jours,
plusieurs milliers de kilomètres à parcourir pour rencontrer autant
d’étudiants du primaire et du secondaire. À travers cette tournée,
comment refuser les invitations renouvelées des bibliothèques d’Alma,
de Jonquière et de Chicoutimi pour animer des causeries avec les jeunes lecteurs?
Tous ces projets demandaient la préparation d’une dizaine d’animations différentes,
la rédaction de textes de présentation pour des sites Web, pour les
albums-souvenirs des écoles, pour des allocutions... Mais qu’à cela
ne tienne, le temps ne compte plus lorsqu’on le partage avec des gens passionnés.
Tiens, et pourquoi ne pas suivre cette intéressante formation en Ateliers
littéraires thérapeutiques, participer à différents projets
éducatifs reliés à l’écriture dans les écoles
primaires (Réforme oblige), tout en poursuivant son BAC en littérature
française à temps partiel, question d’étendre sa culture ?
Pour
couronner le tout, une invitation à participer au Festival mondial de la littérature
à Montréal et à l’activité “Devine qui vient dîner”
à titre d’auteure “des régions”. J’entends encore André Roy,
du conseil d’administration de l’UNEQ, me poser la question lors d’un dîner
: “Comment faites-vous la promotion, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, sans médias?”
Il a sûrement fait un lapsus, mais j’ai les yeux ronds et de l’ironie dans
la voix lorsque je lui réponds : “Quand même, nous avons des journaux,
la télévision, la radio...” En fait, je me retenais de conclure à
la blague : “Les nuages de fumée et les tamtams aussi, mais on les utilise
seulement lorsque le vent est favorable.” Quoi qu’il en soit, malgré des démonstrations
toujours à refaire devant ces perceptions étranges, les initiatives
comme “Devine qui vient dîner” sont de belles occasions de promouvoir les écrivains
(des régions, entre autres) dans la métropole, à condition que
la température soit clémente et qu’il vienne du monde.
Retour
à la maison, hop! il faut aider la plus jeune avec ses devoirs entre la plus
vieille et ses problèmes de coeur, et le fils du milieu qui veut discuter
philosophie et problèmes mondiaux. Ne pas oublier de recoudre les boutons
qui manquent au chandail, d’acheter des espadrilles à velcro pour l’une, une
gomme à effacer pour l’autre. “Qu’est-ce qu’on mange pour souper?” “Maman,
as-tu lavé mes jeans noirs?” “J’ai besoin de l’ordinateur.”
Au
secours!
Ce
fut un congé bien rempli, énergivore mais passionnant. Le seul hic
: je n’ai écrit qu’une nouvelle pour le Tricentenaire de Windsor-Détroit
et le Festival des littératures françaises en Amérique (fin
juillet).
À
venir : la Semaine canadienne du livre pour la jeunesse, volet francophone (du 3
au 10 novembre 2001) — et de nombreux rêves d’écriture...
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