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Le Cercle littéraire entame sa cinquième
saison
Ce
samedi après-midi-là, ma bonne vieille détresse, héritage
de mon enfance, m'obligea à souder ma solitude à celle des autres.
Au centre commercial, où je ne vais que rarement, Jean-Marc Simard m'aborda.
Lui non plus n'était pas un familier de la place. Nous ne nous étions
jamais parlé. Il venait de lire mon recueil Des Nouvelles du Lac et voulait
m'en glisser un mot. Nous vécûmes ce que Zweig appelle des “instants
cristallisés”. Cioran nous rapprocha, et les livres nous ouvrirent l'un à
l'autre sans retenue, sans gêne. Nous avions tous deux le projet de fonder
un cercle littéraire. La responsable de la bibliothèque municipale,
Francine Laflamme, mijotait une idée semblable, m'apprit mon nouveau complice.
Quelques
jours plus tard, le trio se réunissait avec l'intention ferme de tenter la
chance. On invita par le biais de L'Etoile du Lac les lectrices et lecteurs de Roberval
et des alentours à partager leurs lectures. À la première réunion,
on amena un livre en guise de passeport.
Le
Cercle était né. En février dernier, nous avons fêté
nos quatre ans d'existence. On compte sur une quinzaine de membres assidus et actifs.
Le Cercle est bien vivant même si nous avons réduit les structures et
l'administration au minimum. En fait, nous n'avons pas de budget. Il n'y a pas de
président ou de secrétaire – ni évidemment de trésorier!
L'ordre du jour fait le tour de la table et de nos lectures. Chacune ou chacun prend
la commande d'une activité selon ses dispositions. Ainsi, Suzanne Simard démontre
beaucoup d'initiative. Nous vivons cette belle anarchie des mots sur le papier libéré...
Tous
les troisièmes mardis du mois, nous nous réunissons, sur le coup de
19 heures, dans la salle d'exposition de la bibliothèque Georges-Henri-Lévesque
qui nous fournit des services téléphoniques et de secrétariat.
Les livres nous parlent. Nous échangeons des bouquins ou des revues. La fin
de la séance arrive toujours trop tôt. C'est un déchirement de
se quitter. Souvent, on continue de jaser sur le terrain de stationnement. Le Cercle
fait des petits. On parle d'un ciné-club...
Et maintenant, je laisse la parole à
des membres.
Le
Cercle littéraire, c'est un beau rendez-vous d'amour. Animés d'une
même passion, nous partageons nos coups de coeur. Le Cercle est comme un livre
de collection. Les partages sont les plus beaux chapitres, et son édition
est très précieuse. (Denise Bouchard)
D'Harry
Potter à Dieu
D'Alexandre le Grand aux Patriotes
De l'amour à la guerre
De la passion à l'espionnage
De l'Alzheimer à la compassion
Des chimpanzés aux «zoumains»
De la fiction au surréalisme
De la solitude au partage
C'est le plaisir de lire
C'est le charme de la rencontre
C'est le temps de le lire
C'est le temps de le dire. (Marie-Claire Hébert)
Après
«Les têtes à Papineau» où un seul corps possédait
deux têtes, voici Le Cercle littéraire de Roberval : une entité,
à seize têtes (...) Chacun apporte sa couleur qui varie selon ses émotions
et ses lectures, ce qui nous donne un arc-en-ciel unique à chaque rencontre...
(Karine Martel)
Prenez
un cercle, caressez-le et il deviendra vicieux, dit Ionesco. Pas nécessairement.
Quand je caresse le mien, il devient littéraire pi me rond-ronne l'impossible
autour d'une table ronde. (Gisèle Otis)
Cette
histoire pourrait commencer par «Il était une fois»... Mais il
était plutôt une forme... Celle d'un cercle, ébauché à
main levée et à coeur ouvert par une bande d'affamés qui dévoraient
des livres. Et qui, autour d'une table, sans manière, ont développé
l'art de lire seul... ensemble. Afin de transformer ce pain quotidien solitaire en
une communion de partage et d'échange.
(Suzanne
Simard)
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