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Lézard # 13-14, Vol. 4 - Spécial double

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LÉZARDAGES (suite)

ALBERT MARTIN

Photo de Albert Martin

Albert Martin

«Je suis né le 30 avril 1947, à l’hôpital de Chicoutimi, d’une mère chapelière et musicienne et d’un père représentant de commerce et angoissé de ne pas être à la hauteur de son père protonotaire et de ses frères professionnels. Je suis le quatrième enfant d’une famille de neuf (deux de mes soeurs sont mortes en bas âge).
À la petite école, les maîtresses me disaient intelligent, mais paresseux; au petit séminaire, les curés me disaient talentueux, mais rebelle. À l’université, on a cessé de me donner des qualités, on m’a plutôt donné des idées, les femmes surtout, enseignantes de métier et de passion: Martine Léonard ou Jeanne Demers qui m’encourageaient à traduire certains poètes roumains que j’aimais, et puis Monique Bosco, l’incomparable Bosco, qui m’a montré le devoir d’exigence au coeur de l’écriture. C’est aussi à cette époque que j’ai connu Anne Hébert qui, toujours avec gentillesse, répondait à mes questions stupides de jeune révolté. Je me souviens de lui avoir demandé, alors que nous marchions rue Sherbrooke vers son hôtel, si on pouvait réellement faire une œuvre d’écrivain quand on ne pouvait pas payer sa facture de téléphone. "Peut-être y arriverez-vous si vous vous décidez un jour à écrire. En tout cas, moi, je n’écris pas trois mots si j’ai de gros soucis d’argent."
L’avais-je involontairement traumatisée? Une semaine plus tard, elle m’avait déniché mon premier emploi à l’Office National du Film, rédacteur-traducteur de documentaire. C’est ainsi que commença abruptement ma vie de pigiste et lentement, paresseusement, ma vie d’auteur.
Durant les vingt ans qui ont suivi, j’ai été un touche-à-tout, un épicurien; quelques contrats et je partais en voyage, d’autres contrats et je louais une maison à la campagne, pas de contrats et je vivais dans la dèche en commune, mais toujours au détour le monde de l’écriture me regardait comme l’oeil regardait Caïn. Je travaillais avec Jean Basile ou Claude Jasmin; j’interviewais des dizaines d’écrivains à la radio et puis le sort a voulu que je sois en quelque sorte forcé d’écrire pour dépanner un ami scénariste à la télévision. Après quelques années de ce régime d’alignement de répliques d’automate, j’en ai eu marre et j’ai commencé la rédaction d’un premier roman.
Aujourd’hui, je ne fais pratiquement rien d’autre, je suis pauvre, mais je peux payer mon téléphone et je suis content, d’autant plus que je l’ai dit à Anne Hébert l’an dernier, à l’hôpital, et que cela l’a fait sourire.
.»

Albert Martin vit à Montréal depuis plus de vingt-cinq ans. Il a écrit pour la scène deux comédies policières. Venu tard à l’écriture littéraire, il a publié deux romans, Knock-out et L’homme et l’enfant maure.

GILBERT TALBOT

Photo de Gilbert Talbot

Gilbert Talbot

«Je suis né à Québec, le 18 décembre 1947, sur la rue Berthelot, alors que l’horrible Concorde n’était pas encore construit. J’ai fait mes études universitaires à Ottawa, pour le bac’ spécialisé en philosophie, puis à Montclair State University, pour la maîtrise en philosophie pour enfants. Enfin, j’ai terminé mon doctorat à l’université Iberoamericana de Mexico, le 3 septembre 1999, toujours en philosophie pour enfants. À date, j’ai publié deux romans philosophiques au Loup de Gouttière, à Québec : La découverte de Phil et Sophie et Phil et Sophie ou de l’être humain, deux courts romans que j’utilise dans mes cours de philosophie au cégep de Jonquière. Car, il faut bien l’admettre, je suis un de ces vieux profs qui enseignent de facon permanente la philosophie dans un cégep depuis 1973. À part ca, j’ai fait quelques soirées de poésie populaires et politiques dans la région, poésies pas encore publiée, il va sans dire. Je suis allé jusqu’à produire des émissions de poésie sur les ondes de la radio communautaire Choc MF, qui ne s’en est jamais remise. Dans mes temps libres, je suis un militant politique : je suis membre du ralliement pour l’alternative progressiste, un parti indépendantiste, féministe, socialiste, écologiste et anticapitaliste. Et à part ça, je suis très heureux, j’aime la vie, le bon vin et les femmes, la musique et les partys. L’été, je me promène à vélo, car je n’ai pas d’auto et l’hiver, je marche et parfois, je patine...»

MARIE-PAULE VILLENEUVE

Photo de Marie-Paule Villeneuve

Marie-Paule Villeneuve

Née en 1953 au Lac-Saint-Jean, elle a fait des études en philosophie et en histoire à l’Université de Sherbrooke. Elle a fait ses débuts comme journaliste à la station de radio CKCH de Hull en 1980. De retour à Sherbrooke, elle a été animatrice dans une station de télévision communautaire avant de passer à la sation CHLT-TV. À la fin de 1982, elle entre en poste à La Voix de l’Est de Granby comme reporter avant d’être nommée au pupitre. Elle y travaillera jusqu’en 1986, année où elle accouchera d’une fille avec qui elle s’amusera pendant un an tout en travaillant à la pige. En novembre 1987, elle reprend le travail de pupitre au journal Le Droit d’Ottawa où elle est présentement adjointe au chef de pupitre. De plus, elle travaille comme critique littéraire dans ce même journal. L’Enfant cigarier est son premier roman et se veut le fruit d’une longue recherche au Québec et aux États-Unis. Ces recherches sur le tabac l’ont menée dans plusieurs villes américaines. La préparation d’un mé-moire de maîtrise en histoire à l’Université de Sherbrooke lui a donné l’occasion de recueillir une vaste documentation sur l’exploitation des enfants dans les usines de cigares au XIXe siècle. C’est ainsi qu’est né ce premier roman à saveur historique. Mariée au cinéaste Richard Elson, elle participe à la production de documentaires à caractère social.

Et à suivre au prochain numéro pour les autres !

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Dernière révision : 6 février 2001

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Raymond-Marie Lavoie