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« Promeneur de villes, promeneur de vies
» nous présente en fait trois promeneuses et deux promeneurs, mais
la démarche est la même pour les cinq auteurs de ce joli collectif —
René Ouellet, Raymonde Dionne, Denys Bergeron, Françoise Dumoulin et
notre nouvelle collègue Ghislaine Lavoie : la lecture ayant été
couplée en ouverture à la promenade, comme l’écriture, (“je
deviens vous, lecteur/vous devenez moi, promeneur”), chacun des auteurs déambule
dans le présent ou le passé (et même dans le futur, très
brièvement) : souvenirs, choses vues, contes, nouvelles, textes en tout cas
très brefs, — un genre difficile, dont tous se tirent fort bien — parfois
au ras de la prose poétique.
Les neufs récits de Ghislaine Lavoie explorent quant à eux à
la fois les méandres de la ville — d’ici (Québec, surtout) ou d’ailleurs
(Littletown, Arizona) — avec leurs échappées vers une campagne symbolique
(la verdure apprivoisées des villes : arbres, lilas, plantes en pots aux balcons...)
et les vies entraperçues qui y battent, anonymes (seuls deux de ses personnages
ont un prénom — et l’une est un fantôme ; c’est une tendance qu’on retrouve
souvent dans le collectif : l’influence de l’anonymité urbaine ?). Vies traversées
de rêves, de désirs, d’obsessions et surtout de chagrins (mari trompé,
amante abandonnée... et même un meurtrier en série), avec en
ouverture et en fermeture deux moments de bonheur fragile (“L’éphémère”,
“Rien à déclarer”). Des notations poétiques et justes, une aisance
lisse — presque trop lisse même — dans la mise en place des personnages et
des atmosphères, une mélancolie souvent souriante, toujours retenue
— parfois trop. On se prend à désirer qu’un ouragan plus fantasque
vienne secouer toutes ces demi-teintes...
Le reste du recueil est d’une très bonne qualité générale,
et le livre est beau : un intéressant échantillonnage des talents littéraires
de la “côte sud”, et une bonne publication à mettre au compte des nouvelles
éditions Terres Fauves. |
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«Promeneur
de villes, promeneur de vies»
publié aux éditions Terres
Fauves.
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