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Lézard # 10, Vol. 3 - Spécial automne 1999

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LA SAGA, Chapitre 4

La réunion du nouveau Comité des régions, dit “Trans-Québec”, créé lors de la dernière assemblée générale de l’Uneq en novembre 1998, a enfin eu lieu le 11 septembre dernier à Trois-Rivières, “le centre du Québec” a déclaré en plaisantant Guy Marchamps, de la Mauricie, remplaçant provisoire de Louise Desjardins démissionnaire au début du printemps à cause d’un différent irréconciliable avec le nouveau CA. La réunion avait été d’abord remise à cause du “printemps de Paris” dont le Québec était l’invité, et où tout le CA s’était rendu, puis à cause de la difficulté de rassembler les délégués en juin dans un lieu qui fît l’affaire de tous. Nous nous sommes donc enfin rencontrés, d’une part les vieux routiers des relations régions/Uneq, com-me Réjean Bonenfant (Mauricie-Bois Francs, remplaçant Éric Roberge empêché), Nane Couzier (Montérégie /Estrie) et Élisabeth Vonarburg (Sagamie /Côte Nord); d’autre part les nouveaux : Stéfan Psenak pour l’Outaouais, Daniel Saint-Germain pour l’Abitibi-Témiscamingue, Daniel Mativat pour Laval/Laurentides, André Ricard remplaçant Alain Beaulieu démissionnaire de Québec, Bruno Roy pour Montréal, et Micheline Morrisset pour le Bas-Saint-Laurent/Gaspésie/Iles de la Madeleine; et enfin la nouvelle Présidente de l’Uneq, Denise Boucher, avec Guy Marchamps, Pierre Lavoie, directeur général de l’Uneq, et Ginette Major son adjointe.

Le principal problème des relations entre Uneq et régions a toujours été l’existence d’associations (parfois très anciennes, comme celle de l’Outaouais) regroupant membres et non-membres de l’Uneq, i.e. des écrivains satisfaisant plus ou moins aux critères établis par l’Uneq. Ces critères ont été modifiés, cependant et désormais tout écrivain ayant publié un livre (y compris à compte d’auteur) peut être membre de l’Uneq, selon les catégories existantes, titulaire, membre adhérent et membre associé : le tarif d’inscription change, mais tout le monde a droit à une voix à l’Assemblée générale (125 $, 100 $, 75 $); seuls les membres titulaires peuvent être élus administrateurs. Il faut espérer que cet assouplissement détendra aussi les relations entre les associations régionales d’auteurs et l’Uneq, où l’épineuse question du Statut des membres (y en a-t-il qui sont plus égaux que d’autres, plus écrivains que d’autres?) ne cesse de refaire surface.

L’autre problème est évidemment lié aux budgets disponibles pour la littérature dans la province. Rappelons l’historique des relations entre régions et Uneq : celle-ci gérait les sommes générées par les droits de reprographie (liés aux ouvrages de tous les écrivains québécois, membres ou non de l’Uneq) et percevait les intérêts produits par ces sommes; après plusieurs années, le représentant des régions d’alors, Henri Lamoureux, a réussi à obtenir, non sans difficulté, qu’une part infime de ces montants (10%) soit dévolue aux régions hors de Montréal. Pour simplifier la gestion, on a consenti à faire appel aux structures en place là où il y a en avait, soit les six associations littéraires existant en région ; et on a mis de côté à leur demande une septième part pour les régions dépourvues d’association. Les sommes étaient remises aux associations pour des activités visant la défense & illustration de la littérature québécoise dans son ensemble.

Malheureusement, l’Uneq ayant cessé de gérer les droits de reprographie, le minuscule budget disponible pour les régions s’est évanoui ; et l’on a mis alors en doute la légitimité comme la nécessité des relations entre l’Uneq et les associations – et même celles d’un comité des régions. Entre temps, les associations régionales s’étaient regroupées en une table de concertation, l’Interrégionale, qui a obtenu du gouvernement québécois, par l’intermédiaire du Conseil des Arts et Lettres du Québec, un programme destiné exclusivement aux associations et groupes littéraires en région. Ce qui nous a amenés à penser que la centralisation de certains autres budgets à l’Uneq n’est ni une fatalité ni une nécessité, en particulier pour une des rares activités de l’Uneq impliquant les régions, le festival de la Littérature ; on trouvera plus loin le budget du festival de la Littérature 1999, et on pourra en juger par soi-même.

On a donc passé un certain temps lors de la réunion à essayer de s’expliquer mutuellement besoins et attentes, en particulier en définissant clairement les rôles des délégués de l’Uneq en région – lesquels se trouvent être aussi les délégués des régions à l’Uneq. Mais on a constaté que le simple découpage géographique de ces régions posait problème. Voté un peu vite à l’AG de novembre dernier, il regroupe en effet d’une façon faussement simplificatrice les régions administratives existantes. On avait signalé alors les défauts de cette répartition arbitraire : la Montérégie et l’Estrie, chacune pourvue d’une association littéraire bien installée, se sont retrouvées avec une seule déléguée. On a donc rectifié la situation lors de la réunion, tout comme on a séparé Laval et les Laurentides (pourvues de deux Conseils de la Culture distincts) ; de même, la déléguée du Bas-Saint-Laurent /Gaspésie /Iles de la Madeleine a exprimé sa difficulté à couvrir un si vaste territoire. Nul doute qu’on reviendra à l’usage à une répartition plus sensée des régions, et qu’on trouvera un moyen de donner une voix aux membres hors-Québec, écartés du giron unéquois à l’AG de novembre.

Pour les vieux routiers de l’ancien Comité des régions, les débats avaient assurément un fort relent de déjà-vu : on ne semble toujours pas très bien comprendre, au CA de l’Uneq, la problématique de l’écriture en région ; et surtout on y a encore trop tendance à ne vouloir prendre en considération que les membres de l’Uneq, même si l’association a pour mission de “représenter les écrivains” sans plus de précisions (cf. Statuts & Règlements, 2.1). “Il faut bien que les régions finissent par admettre que Montréal est le centre et que l’Uneq est le centre, on ne peut rien y changer”, a ainsi remarqué Bruno Roy, ancien président de l’Uneq. On ne peut pas dire que la réflexion ait beaucoup évolué de ce côté depuis quatre ou cinq ans...

Les régions ont donc, une fois de plus, exprimé leurs attentes et leurs besoins – moins des besoins financiers que des besoins de soutien technique : il a toujours été très clair que l’Uneq ne veut pas devenir un subventionneur de plus, et nous espérons lui avoir fait comprendre que les régions n’attendent pas non plus d’elle qu’elle joue ce rôle. L’Uneq pourrait pourtant, lorsqu’elle fait des demandes de subventions pour des événements provinciaux, prévoir une part plus importante pour les régions... La façon dont certaines de nos demandes ont été traitées ne semble pas très rassurante, cependant. Ainsi, à propos du Festival de la littérature, aux dates assez élastiques d’avril à mai, notre région demandait qu’il soit fixé définitivement après consultation avec les régions. On nous a déclaré qu’il avait été fixé une fois pour toutes “pour l’instant” (sic) à la période du 12 au 20 mai. Laquelle assure l’impossibilité de rejoindre les étudiants des écoles et des cégeps. Mais c’est pratique pour l’Uneq : il y a des activités intéressantes à Montréal pendant cette période, sur lesquelles elle peut se greffer...

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Dernière révision : 31 janvier 2000

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