L’année presque écoulée a été
très active pour l’APES, et augure bien pour l’an 2000, si le Y2K ne nous
mange pas. Qu’on en juge plutôt :
Le Festival Mots & Musique
de Sainte-Rose du Nord
Le 8 mai dernier, c’était la toute première édition d’un événement
qui deviendra, nous l’espérons, annuel : une vingtaine d’écrivains,
poètes et romanciers de la région et du reste du Québec, se
sont réunis dans la belle maison-musée en devenir du peintre Jean Laforge,
à Sainte-Rose du Nord, pour une soirée de lectures accompagnées
d’improvisations musicales par le trio de Jean-Pierre Bouchard, Pierre Dumont et
Claude Lechasseur. La chaîne culturelle de Radio-Canada captait le spectacle,
qui fut rediffusé quelques semaines plus tard à l’émission nocturne
“Les Décrocheurs d’étoiles”. On a ainsi pu entendre des textes de Réjean
Bonenfant, Maurice Cadet, Cécile Cloutier, Richard Desgagné, Danielle
Dubé, Madeleine Gagnon, Pierre Gobeil, Nicole Houde, André Girard,
Christiane Laforge, Carol Lebel, Yvon Leblond, Pierre Nepveu, Jeanne Painchaud, Yvon
Paré, Gérard Pourcel, François-Xavier Simard, Clarisse Tremblay,
(hélas décédée entre temps, mais présente dans
ses mots), Tony Tremblay, Élisabeth Vonarburg. Un magnifique voyage : c’était
le thème du Festival de Sainte-Rose cette année, le thème de
toutes les activités de l’APES en 1999, puisque c’était également
celui de notre collectif Un Lac, un fjord et celui de l’édition saguenéenne
du Festival de la littérature québécoise.
Le thème de l’an prochain, qui nous fera entrer dans le troisième millénaire,
sera «Passages». Le Festival aura peut-être une géométrie
un peu différente, s’étendant sur toute une journée à
Sainte-Rose avec un brunch-rencontre et des causeries en sus des lectures et de la
musique, et peut-être aussi en conjonction avec des expositions de pein-ture.
Mais il aura encore lieu la première fin de semaine de mai, au printemps –
en nous en souhaitant un aussi éclatant que celui de cette année. On
pourra alors rencontrer et écouter José Aquelin, Aude, Nicole Brossard,
Hugues Corriveau, Jean-Paul Daoust, Louise Desjardins, Hélène Dorion,
Louise Dupré, Paul-Chanel Malenfant, Hélène Monette, Serge Mongrain,
Pierre Morency, Laurier Veilleux, Yolande Ville-maire, et de l’APES : Marjolaine
Bouchard, Allen Côté, Diane-Jocelyne Côté, Danielle Dubé,
Michel Dufour, Christiane Laforge, Clément Mar-tel, Jean-Alain Tremblay, Jean-Pierre
Vidal, Élisabeth Vonarburg.
Le Festival de la littérature
québécoise
Cet événement récurrent depuis quelques années, parrainé
par l’Union des écrivains Québécois, et organisé dans
la région par l’APES, a eu lieu également en mai, à l’Université
du Québec à Chicoutimi, dans le convivial Salon du Recteur, au nouveau
Pavillon des Humanités. Son thème était donc également
Voyages : “On parle beaucoup de la tour d’ivoire des écrivains, en particulier,
mais cette tour d’ivoire est souvent aussi une voiture, un autobus, un avion, un
wagon, voire un bateau, le tour en tout cas d’y voir ailleurs si on y est. Pourquoi
cette bou-geotte de certains écrivains ? Ne peuvent-ils bien parler d’ici
que d’ailleurs? Ou doivent-ils se dépétrer d’ici pour trouver leur
véritable lieu d’écriture, qui n’y est point? Pourquoi se dépayse-t-on,
parfois pour longtemps, par-fois pour toujours? Et y a-t-il des limites à
ce dépaysement – par exemple, celle de la langue? D’autres artistes éprouvent-ils
aussi ce besoin de mouvement? Pourquoi ? Pour quoi ?” On a débattu de ces
sujets lors de la table-ronde qui rassemblait visi-teurs et résidents de la
région : Andrée Laurier, de Montréal, Guy Jean de Hull, Gilles
Pellerin de Québec, Danielle Dubé et Yvon Paré de Jonquière
et l’animatrice, Élisabeth Vonarburg, de Chicouti-mi. Après quoi les
auteurs présents ont fait partager, par la lecture d’extraits de leurs textes,
leurs goût – ou leur dégoût – du voyage. On a également
visionné à cette occasion le beau documentaire du cinéaste Claude
Bérubé, “Du Saguenay à Tanam Negara” sur le peintre René
Gagnon, récemment venu d’un séjour créatif en Asie.
L’an prochain, sur le motif du Passage, on a invité des artistes qui se promènent
entre les genres et les médias : Robert Racine (pour le visuel et les mots),
Marcel Sabourin (les mots écrits, filmés, joués sur une scène
ou à la radio)...
Les Vingt ans des congrès
Boréal
Parrainé par l’APES, cet anni-versaire célébrait des genres
peut-être moins pratiqués par ses membres, mais qui ont maintenant de
solides assises au Québec. En effet, il y a vingt ans, avant la bière
et l’éditeur du même nom, Élisabeth Vonar-burg organisait à
l’UQAC le premier Congrès Boréal, sur la science-fiction, le fantastique,
et l’ensemble des genres dits alors «para-littéraires» au Québec.
C’est devenu un événement annuel, et deux autres congrès ont
eu encore lieu à Chicoutimi, doublés de colloques internatio-naux,
en 1982 et 1988, également organisés par Élisabeth Vonar-burg.
Elle a donc récidivé, avec l’aide de Jean-Pierre Vidal et du Décanat
aux Études avancées, pour fêter ce vingtième anni-versaire,
sous l’égide de l’APES à l’Université de Chicoutimi, à
la mi-juillet. L’événement était exclusivement consacré
aux manifestations québécoises des «genres populaires»
(comme on dit maintenant) et Chicoutimi est devenue, pendant cette fin de semaine,
la capitale de la science-fiction québécoise : une quizaine d’auteurs
québécois publiés ici et à l’étranger, (parmi
lesquels Joël Champetier, Yves Meynard, Francine Pelletier, Jean-Jacques Pelletier,
Daniel Sernine, Jean-Louis Trudel...) et deux invités français, Roland
Wagner et Mau-rice Dantec. On a pu y parcourir une exposition-voyage dans le temps,
présentant des oeuvres d’arts, des collections de revues, des livres d’auteurs
québécois, des photos et vidéos compromettants («nous
étions beaux quand nous étions jeunes... du moins avions-nous des cheveux»).
On a discuté et disputé de littérature, de ciné-ma, de
BD et de... musique, lors de deux journées de tables-rondes ouvertes au public,
puis on a assisté à une soirée de lectures en musique précédant
la reprise de Tyranaël Oratorio, du groupe CL2B, sur un texte origi-nal d’Élisabeth
Vonarburg. Un souper-lectures a enfin eu lieu à l’Auberge des Battures, avec
accompagnement de coucher de soleil grandiose et de mousti-ques dévorants,
et l’on s’est donné rendez-vous en 2010 pour le trentième anniversaire...
Il y a d’autres activités, peut-être moins spectaculaires, mais tout
aussi chères à notre coeur : ainsi les Ateliers de lecteurs à la Bibliothèque
de Chicoutimi.
Animés par Yvon Paré, ils visent à mieux faire connaître
au grand public la littérature de la région et ils ont d’abord porté
au printemps dernier sur deux romans, La Maison du remous de Nicole Houde, mis en
regard d’une façon singulièrement éclai-rante avec Les Oiseaux
de glace, d’Yvon Paré ; cet automne, on fera ainsi dialoguer la Nuit des Perséïdes,
de Jean-Alain Trem-blay et Zone portuaire, d’André Girard : après avoir
lu chaque ouvrages et l’avoir commenté entre eux, lecteurs et animateur accueillent
les auteurs et discu-tent avec eux, des échanges très enrichissants
– et quelquefois aussi déroutants pour les uns que pour les autres ! Car ce
n’est jamais impunément, certes, que lecteurs et écrivains se ren-contrent...
On peut encore s’inscrire à la Bibliothèque de Chicoutimi. |