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Par l’observation, j’arrive à
donner une intention à mon geste d’atelier: une thématique morphologique
appelée soustractive. Tout ce qui vit laisse à voir les étapes
de son passage. Les larves des coléoptères laissent dans les troncs
d’arbres les traces du chemin emprunté à se nourrir, magnifiques bas-reliefs
de ces graveurs ancestraux. Les gouttes d’eau marquent par leurs sons et leurs poids
les formes et sculptures de continents entiers.
La question posée ici se veut source active du geste d’atelier et de composition
musicale, référant à la pratique taoïste, la recherche
du sens par du vide et ici de la non-utilité de ces objets de références.
- On pétrit la terre pour fabriquer des vases: c’est de leur vide que dépend
l’usage;
- On perce des portes et des fenêtres pour faire une maison: c’est de leur
vide que dépend l’usage de la lumière et du regard. C’est pourquoi
l’inutilité vient de l’être, l’usage vient du non-être. Le silence
construit les espaces sonores des trames appelées musiques.
J’ai donc cueilli nombre d’objets et de sons possédant ce caractère
de trace.
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bois et troncs d’arbres sculptés
par les larves de coléoptères: (L’ère-terre); |
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objets divers fabriqués par
la civilisation industrielle, abandonnés et retravaillés par le temps
et les éléments naturels: eau, vent, soleil: (Le son du désordre); |
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livres anciens qui dépérissent
et moisissent: (L’ex-histoire); |
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outils désuets, métiers
disparus: (La ré-création); |
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miroirs usés qui ne réfléchissent
plus: (L’inter-espace); |
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cadres anciens qui n’encadrent plus:
(L’ir-conclusion); |
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appareils de montage pour le cinéma
hors services et désuets: (Le ciné-temps); |
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les rebuts sonores, les sons à
fonction oubliée (dont l’utilisation est révolue). |
Du naufrage de ces objets et sons
peut renaître la mémoire d’un espace nouveau. » |