Il y a plusieurs façons
de faire revivre l’histoire. Gérard Bouchard s’est acquis une réputation
internationale pour ses travaux savants sur la société québécoise
et les
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collectivités neuves. Fondateur
du projet Balsac, ce vaste fichier de la population du Québec, il recevait
il y deux ans le Prix du Gouverneur général pour Genèse des
nations et cultures du Nouveau Monde. Aujourd’hui, Gérard Bouchard a voulu
incarner la société qui fait l’objet de ses études depuis de
nombreuses années dans un grand roman historique.
À partir de l’arrivée au Saguenay des premiers colons originaires de
Charlevoix jusqu’à la Grande Guerre, Gérard Bouchard nous raconte l’histoire
des Tremblay de Mistouk, et surtout celle du fils aîné, Méo,
le géant, celui qui incarnait tous leurs espoirs, toutes leurs forces vives.
Mêlant légende et vérité historique, c’est toute une société
que Gérard Bouchard fait revivre: sa parole, ses humeurs, ses craintes, ses
rêves, son courage. Il nous donne, contrairement à ce qu’on en a dit,
l’image non pas d’une société étouffée sous le poids
du souvenir et du clergé, mais bien celle d’une société en ébullition,
passionnée par son avenir, à qui tout semblait possible et qui était
chez elle partout en Amérique.
«
MISTOOK («bois qui séjourne dans l'eau», en montagnais) n'est
pas un roman du terroir, insiste Gérard Bouchard. Ce qui m'intéresse,
c'est ce qui arrive avant, quand on défriche un pays neuf, quand tout redevient
possible, quand les idées nouvelles fourmillent comme aux premiers temps,
quand on fait des rêves extravagants et qu'on a un sentiment d'exaltation extraordinaire.
Ce n'est pas, non plus, un roman régionaliste. On retrouve les mêmes
phénomènes dans tous les nouveaux mondes.
»
«
MISTOOK »,
c'est une sortie d'itinéraire,
une parenthèse, après quoi je vais retourner à mes sentiers» |