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Ernest Dominique est un artiste
montagnais originaire de Matimekosh (Schefferville), qui vit aujourd'hui à
Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. Très jeune, il se passionne pour le dessin,
au contact de son frère ainé Kupaniesh. « Je le voyais comme un magicien », se rappelle-t-il, admiratif.
À quinze ans, il quitte le foyer et, pendant huit ans, habite successivement
à Jonquière, Chicoutimi, Québec, des villes où il poursuit
ses études et prend des cours d'arts plastiques. Sous l'influence de l'artiste
sepulienne Johanne Roussy, il apprend à dominer la technique et à mettre
les formes et les couleurs au service de sa propre expression. C'est une période
« d'œuvres noires », propice à exorciser les peurs qui l'habitent
depuis l'enfance.
En 1993, il entreprend une véritable
métamorphose qui 1'amène à adopter la peinture à l'acrylique.
Sa série de tableaux « Animaux fétiches » - le loup est
son préféré -, qui renvoie aux préoccupations environnementales
de l'artiste, ses fresques illustrant des scènes de vie traditionnelles, ainsi
que ses visages de jeunes, de femmes, de sachems et de guerriers amérindiens,
ont fait sensation auprès du public et établi sa réputation.
Ses créations, exécutées avec une précision quasi photographique
et un souci du moindre détail, révèlent chez lui des qualités
picturales tout à fait uniques. Sa toile «Patience», caractérisée
par des masses de couleurs qui rendent bien l'isolement et la froidure, se veut un
hommage au peuple Inuit et à ses traditions. En cela, il suit les traces de
maîtres comme Robert Bateman et Howard Terepning, « qui savent peindre
la nature et l'âme même amérindienne.
Aujourd'hui, Ernest Dominique compte déjà une production impressionnante
et variée. Il a participé à des expositions prestigieuses tant
aux États-Unis et en France qu'au Canada. Ses toiles, signces du pseudonyme
Aness, à la mémoire de sa grand mère, expriment une vision forte
de la vie autochtones et de leur culture ancestrale. Son œuvre constitue un témoignage
nécessaire en ce XXle siècle. |
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