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Colloque du 4 octobre 1997

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ComitŽ organisateur Programme du colloque ThŹmes des ateliers Participants au colloque

Atelier II

Le patrimoine bâti et naturel

Animateur : M. Michel Brassard

Secrétaire : Mme Jocelyne Coudé


ALMA, D'HIER À DEMAIN

«Des chevrons de bois de la maison ancestrale au fronton de verre de la bibliothèque municipale....» (1), Alma est née et a grandi avec l'industrie.

1863-1922 Naissance et croissance d’un village

Alors que les premiers colons prennent possession de terres non défrichées et esquissent la zone rurale, le village prend forme avec quelques dizaines de résidants qui s'installent autour de la chapelle. Vers 1900, le village compte déjà plus de 1200 habitants. La rue Sacré-Coeur constitue alors le noyau central des services publics et commerciaux et accueille les notables du village. Les maisons sont de bois, de pierres ou de briques, d'influence architecturale européenne, anglo-saxonne ou américaine. Le territoire s'étend de part et d'autre de la rivière Petite Décharge, entre les rapides du Carcajou et l'extrémité ouest de l'Île d'Alma.

1923-1942 En marche vers «l’urbanité»

Le village se développe et accède au rang de ville dès décembre 1924. Dans la même année, on assiste à la fondation de la ville d'Isle-Maligne (mars 1924) et à l'incorporation de la ville de Riverbend (mai 1925). Aussi en mai 1925, un feu ravage la rue Sacré-Coeur et détruit plusieurs témoins architecturaux de la première phase de développement.

Isle-Maligne voit le jour lors de la construction du barrage de l'Île-Maligne, avec l'aménagement de la rue Cothran Drive surnommée la "rue des boss", sur la rive nord de la Grande Décharge. Le plateau, situé sur la rive sud de la Grande Décharge accueille les immenses camps de travailleurs. Entre 1924 et 1940, la ville est édifiée suivant une planification urbaine détaillée constituée de maisons et d’édifices institutionnels de type war-time, colonial et vernaculaire américain.

À la même période , à proximité du village de Saint-Joseph d'Alma, le long de la Petite Décharge, la compagnie Price construit une papeterie. Elle érige du même coup la ville "planifiée" de Riverbend, réservée aux cadres de la compagnie. La hiérarchie des cadres se manifeste dans l’organisation spatiale de la ville et dans l’architecture des résidences, d’influence war-time, tudor ou vernaculaire américain. Ces nouvelles constructions et le développement des infrastructures industrielles vont amener un "flot" de travailleurs et modifier le mode de vie des citoyens. Le paysage municipal prend des allures de cité et les habitants adoptent progressivement des habitudes de vie liées à la modernité.

1943-1962 Le bastion ouvrier

Au coeur de ces îlots de populations, va naître Naudville, ville ouvrière, destinée à loger la masse de nouveaux travailleurs que nécessite l'opération des industries du papier, de l'électricité puis de l'aluminium. Incorporée en janvier 1944, elle se développe selon toutes les caractéristiques propres à ce type d'agglomération: rues larges, maisons cubiques (boom town) et peu d'aménagements comparativement aux villes de compagnie.

En 1960, à l'aube de la fusion, on qualifie Saint-Joseph d'Alma de centre de commerce et de services d'importance régionale. Naudville est reconnue comme une ville "dortoir", Isle-Maligne et Riverbend sont des villes de compagnie "dites fermées". La trame urbaine s'étend et l’ajout des nouveaux quartiers entre 1955- 1965 favorise la multiplication d’un type d'habitation unifamiliale tout à fait moderne : le bungalow.

1963-1997 De la fusion à aujourd’hui

Suite à la fusion des quatre municipalités en 1962, Alma se dote d'un plan-directeur d'urbanisme. Dès 1970, le centre-ville fait l'objet d'un audacieux concept de rénovation urbaine qui comprend principalement: l'aménagement de plusieurs aires de stationnement dont le stationnement à étages, l'élargissement de la rue Sacré-Coeur, l'enfouissement des fils électriques, la construction des centres commerciaux Plaza I et II. L’aménagement d’un parc industriel près des grandes industries Price et Alcan suivra en 1972.

Avec l'annexion de la paroisse en 1975, le territoire de ville d’Alma devient quatre fois plus grand et compte 24 755 habitants. Depuis les années 1980, la population se maintient à plus ou moins 26 000 habitants et la trame urbaine s’est quelque peu ramifiée dans l’ensemble des zones résidentielles. La maison unifamiliale se raffine et s’agrandit, répondant mieux aux besoins des consommateurs actuels . Un souci nouveau du paysage et de l’aménagement esthétique des propriétés commence à être perceptible à travers les quartiers, leur donnant ou redonnant un air plus coquet.

Vers l’avenir

Aujourd'hui, nous réfléchissons sur la valeur du paysage bâti de nos villes et sur l’importance de conserver cet héritage unique qui caractérise chacune de nos régions. Le patrimoine architectural constitue dit-on, avec le paysage naturel, l'essence même du fort sentiment d'appartenance que chacun(e) a pour sa région. Partout au Québec, des gens se mobilisent, façonnent des outils et développent des moyens de refaire un cadre physique qui tienne compte de ce patrimoine tout en étant au service du développement économique; on parle ici de tourisme, de logements accessibles à coûts raisonnables, de développemnt économique basé sur les atouts culturels et structurels propres à chaque ville et village. D’ailleurs, plusieurs se sont engagés dans cette voie et peuvent déjà en sentir les impacts.

Tout au long de l'évolution d'Alma, plusieurs éléments architecturaux se sont vus sacrifier pour faire place au progrès. On a pu observer une nette détérioration du paysage et une uniformisation du bâti sur l’ensemble du territoire. Toutefois, un bon nombre de traces sont encore en place et permettent aux résidants et aux touristes, comme un livre ouvert, de remonter le temps et de découvrir les racines de la ville et les divers courants de son histoire.

Une volonté de conservation des éléments marquants du patrimoine urbain se fait sentir , de plus en plus évidente. La ville a ainsi instauré un Plan d'intégration architectural (PIA), incitant les gens des quartiers Isle-Maligne et Riverbend à protéger l'aspect patrimonial de leur propriété. D'autres actions émanant de la SHL en partenariat avec le milieu économique sont en cours afin de se doter d'outils accessibles qui vont encourager les propriétaires à rénover leur maison dans le prolongement de son aspect original.

Bref, à Alma nous possédons toute une panoplie de témoins architecturaux et d’oeuvres d’art qui viennent nourrir notre patrimoine urbain; pensons seulement à l'hôtel de ville d'Isle-Maligne qui serait un jalon de qualité à offrir à la population et à la clientèle touristique, ou encore aux oeuvres que sont la clôture du boulevard des Cascades et les bas-reliefs de la Place Festivalma qui témoignent d’un lien magique entre l’art et l’entreprise. Les idées de développement foisonnent, il s'agira de les considérer dans un esprit de mise en valeur et de concertation afin de faire de notre ville un lieu qui raconte le patrimoine: ...

Pourquoi pas Un musée de territoire!

Que sera notre ville de demain ? C’est à nous de choisir.


Note (1) : tiré de l’introduction de l’exposition «Des bâtiments à travers le temps, Alma, 1865-1995».

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Dernière révision : 17 décembre 1998

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