« Bachelière en arts
visuels (communication graphique) de l'Université Laval à Québec,
détentrice d'une maîtrise en Art de l'UQAM, mon champ d'exploration
s'est défini au centre d'une problématique entre l'art la communication.
Les œuvres et les médiums (nouvelles technologies, médiums traditionnels,
etc.) s'insèrent donc dans une recherche de communication d'un art vivant
qui questionne la vie et où l'individu joue un rôle de premier plan.
Avant d'entreprendre cette démarche, mes interventions artistiques se situaient
davantage au niveau rétinien. Tout était référentiel
et expressif, c'est-à-dire que je m'appliquais à créer des
images et à exprimer mes émotions. Cependant, la vie m'ayant
amener à travailler dans le monde des communications à titre de communicateure
/ graphiste, je me suis posée plusieurs questions, à savoir s'il pouvait
exister des moyens autres pour faire de l'art? Je me demandais s'il était
possible de faire de l'art en empruntant comme médium des outils propres au
monde des communications. C'est à partir de ces interrogations que mon travail
de recherche a débuté.
Cependant, tout au long de cette recherche, ma démarche a évolué
modifiant ainsi mes interrogations du départ. Je me suis aperçue qu'en
substituant le pinceau à l'ordinateur c'est-à-dire, qu'en utilisant
les outils de communication comme médium, je refaisais en quelque sorte le
même cheminement qu'avait poursuivi l'art dans son évolution historique.
Cette constation ne me satisfaisait pas suffisamment puisqu'il y avait selon moi,
beaucoup plus à découvrir et à créer dans le pouvoir
que la communication pouvait apporter à l'art.
 |
Ainsi, ce nouveau questionnement
m'a amené à vouloir connaître l'intersection possible entre l'art
et la communication, afin de savoir s'il pouvait exister une cohabitation entre le
monde de l'art et le monde des communications. Est-ce que les pouvoirs de l'art peuvent
être au service des communications et est-ce que les communications peuvent
être au service de l'art?
Dans ce cheminement, j'ai pris conscience que la communication ne pouvait remplacer
l'art puisque l'art constitue un besoin individuel. En fait, l'histoire nous démontre
que l'art sert de témoin et ce, à titre de mémoire d'un individu
par rapport à sa génération. L'art constitue en quelque sorte
un artéfact pour notre société et il est important de lui conserver
cette vocation.
 |
Cependant, si l'art pris dans son
ensemble, constitue un témoignage pour caractériser une société,
comment dans le monde d'aujourd'hui pouvons-nous présenter l'art afin qu'il
puisse exercer cette fonction de mémoire et exercer son pouvoir de communication
pour sa génération? En définitive, je suggère de prendre
l'art comme un phénomène social au lieu de "rivaliser" avec
les artistes qui nous ont précédé.
Ainsi, le résultat de ma démarche présente les possibilités
d'utiliser le pouvoir de l'art et le pouvoir de la communication et ce, afin de créer
des œuvres dans un nouveau contexte artistique où, l'art sociétal devient
une finalité en soi.» |